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COVID-19: Québec retrouve le sourire (ou presque) en zone rouge

Soulagement pour les commerçants et leurs clients dans la région après 40 jours de règles plus sévères

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40 jours de fermeture. C’est une autre longue traversée du désert qui a pris fin hier pour bien des commerçants de Québec et de Lévis qui ont pu rouvrir leurs portes avec la levée des mesures d’urgence dans la région. Le Journal en a profité pour rencontrer des entrepreneurs et des clients heureux. 

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«Pour les personnes de mon âge, le confinement nous amène à s’isoler pas mal trop, alors que, normalement, étant un être social, on a besoin des autres. Chaque petit pas nous fait avancer. La vaccination nous aide beaucoup», a déclaré Guy Melançon, âgé de 77 ans, rencontré aux Galeries de la Capitale. 

Cette réouverture aura été rendue possible par une embellie assez remarquable. La région de Québec est passée d’environ 110 cas quotidiens il y a à peine deux semaines à 48 nouvelles infections, hier. Les hospitalisations ont quant à elles fondu de moitié sur la même période, passant de 134 à 65.

Et l’ultime porte de sortie, la lumière au bout du tunnel que représente la vaccination, continue elle aussi de progresser. En moins de 24 heures après leur accès aux plages de rendez-vous, 50 % des gens de 30 à 34 ans de Québec avaient pris leur rendez-vous ou étaient déjà vaccinés. Dans la Capitale-Nationale, 44,5 % de la population a été vaccinée jusqu’à maintenant, tandis que 43 % de celle de Chaudière-Appalaches a reçu une première dose. 

«Ça fait du bien au moral»  

Photo Diane Tremblay

Confinés depuis le 1er avril, les citoyens de Québec, comme Sabrina Bergeron, ont profité de la réouverture des magasins hier pour se procurer des biens non essentiels.

«Avec la pandémie, on s’est rendu compte qu’on achetait beaucoup de choses qui n’étaient pas essentielles [avant]. La fermeture des magasins, ça ne me dérangeait pas tellement, mais je suis quand même contente de pouvoir acheter des petites choses pour souligner une fête. Ça fait du bien de reprendre une vie un peu plus normale. On s’entend que, même si toutes les activités ne sont pas permises encore, juste le fait que les centres d’achats soient ouverts, ça fait du bien au moral», a-t-elle confié, à la sortie des Galeries de la Capitale. (DT)

Débordés pour la pose d’ongles  

Photo stock.adobe.com (Bojan)

Le Journal a aussi rendu visite à une demi-douzaine de salons de manucure à Québec, hier. Mais devant le fort achalandage dû à la réouverture de leur commerce à l’approche de l’été, personne n’a été en mesure de nous parler. Tous étaient trop occupés à courir à gauche et à droite pour servir leurs clients qui attendaient ce moment avec impatience, comme Karo-Lynn Smith. (JB)

La hantise d’une autre fermeture  

Photo Diane Tremblay

Sandra Walling et Guy Desjardins, de Québec, souhaitent que ce déconfinement soit le dernier. «L’ouverture des magasins, c’est une bonne chose, ça nous ramène à une vie normale. On espère que cette fois-ci, ça va être pour de bon. On sait que ça va prendre encore quelques mois avant que ça revienne à la normale, mais il faut s’encourager. Dans les magasins, ils font très attention», a déclaré M. Desjardins. 

«On a la hantise que ça referme. Moralement, ça serait décourageant. On est heureux, mais on se dit : est-ce qu’il y a des covidiots qui vont se promener pas de masque dans les manifestations? Le beau temps arrive. Il y a toujours cette crainte-là», a ajouté Mme Walling. 

«Moi, je trouve que le gouvernement y va prudemment en ouvrant progressivement», a dit son conjoint. (DT)

Une véritable thérapie de socialisation  

Photo Jérémy Bernier

Malgré les nombreuses fermetures de la dernière année, la majeure partie des clients sont demeurés fidèles, d’après les coiffeurs. Une très faible minorité des clients, surtout des hommes, ont décidé de se coiffer eux-mêmes ou de se faire coiffer par leur conjointe.

Pour Sarah Comeau (à gauche), directrice de la Premiere impression de l’Institut Divas, ce n’est pas seulement en raison de la qualité de la coupe. Les coiffeurs ont parfois un rôle de thérapeute, bien malgré eux. «Il y a une cliente qui a dit à notre esthéticienne, tout émue, qu’elle était la seule personne qu’elle avait touchée depuis plusieurs mois. Quand [les clients] viennent nous voir, ça leur permet de socialiser et de se vider la tête, surtout en temps de pandémie.» (JB)

Plus d’un mois d’attente  

Photo Jérémy Bernier

Depuis l’annonce du passage de Québec en zone rouge «régulière», la semaine passée, les propriétaires de salons de coiffure et d’esthétique passent leur journée au téléphone. D’une part pour recontacter les personnes qui ont vu leur rendez-vous annulé durant le confinement, mais aussi pour en prendre de nouveaux.

«Le temps d’attente au téléphone ce matin était d’environ 20 minutes», indique Karine Couture, copropriétaire des salons Est-ce qu’on te coiffe, entre deux appels. Le Journal l’a constaté, étant incapable d’obtenir la ligne pendant près de 30 minutes, hier matin. Et tout comme dans les salons de Mme Couture, le délai pour obtenir un rendez-vous avec certaines coiffeuses s’étire jusqu’à un mois et demi à l’Institut Divas. (JB)

Prêts pour l’été  

Photo Jérémy Bernier

Les coiffeurs ont remarqué que l’achalandage est particulièrement important pour cette réouverture puisque la période estivale pointe le bout de son nez. Les gens qui étaient en télétravail et qui n’avaient pas nécessairement besoin de se coiffer prévoient sortir un peu plus. «Les gars qui viennent nous voir veulent avoir une coupe fresh pour l’été. Ils s’attendent à ce que les restaurants, les terrasses et les bars rouvrent bientôt, ça a un impact sur les salons», explique Id Zirakhi (à droite), copropriétaire du Barber Shop Le Central avec Maxime Dumont (à gauche).  

C’est justement le cas d’Annette Allard, qui se fait couper les cheveux au salon Est-ce qu’on te coiffe pour la première fois depuis plusieurs semaines, après avoir tenté de se coiffer elle-même. «Ça ne s’est pas bien passé ! lance-t-elle en riant. En hiver, ça me dérangeait moins, je ne sortais pas, je ne voyais personne et j’avais une tuque sur la tête. Mais avec l’été qui arrive, disons que j’avais hâte que les salons rouvrent!» (JB)

Déjà en file bien avant l’ouverture des magasins  

Photo Diane Tremblay

À l’ouverture des magasins, à 10 h, lundi, il y avait déjà des files de clients aux Galeries de la Capitale. «On est vraiment prêts. Depuis l’annonce de l’ouverture, tous les commerçants se préparent à sortir la marchandise d’été. Les clients sont contents et les employés aussi. Ça fait du bien à tout le monde», a affirmé Laurence Hamel, qui travaille dans une boutique de vêtements pour jeunes. 

Les chercheurs d’aubaines se comptaient par dizaines hier matin devant le magasin Winners, de Lebourgneuf (photo). 

«C’est vite fait, mais oui, ça fait du bien. J’avais des petits besoins à combler dans les dernières semaines. On est positif. J’ai attendu une dizaine de minutes à l’extérieur. Il y a un bon roulement à l’intérieur. J’ai acheté quelques morceaux de vêtements pour l’été. Je vous dirais que ce n’était pas essentiel», a lancé avec le sourire Maude Picard, de Québec, à la sortie du magasin Winners. (DT)

La coiffure, un service essentiel  

Photo Jérémy Bernier

Des clients et des employés des salons de coiffure ont profité de la visite du Journal pour dénoncer le fait que ce domaine ne soit pas considéré comme essentiel, comme c’est le cas désormais en France. On souligne par le fait même certaines incohérences dans ce qui est essentiel ou non, écorchant au passage les crèmeries, qui avaient le droit de demeurer ouvertes.  

«[Les coiffeurs] c’est aussi essentiel que de pouvoir aller faire l’épicerie. On ne peut pas tout faire tout seul et certains ont besoin d’être bien peignés pour travailler», laisse entendre Annette Allard (photo), une cliente du salon Est-ce qu’on te coiffe. (JB)

Merci au premier ministre de pouvoir aller à la pêche  

Photo Diane Tremblay

Patrick Soucy et Jarod Béland étaient tout heureux de prendre le chemin de la pêche après un arrêt chez Latulippe. «Vous remercierez Legault de nous donner la permission d’aller à la pêche ! Sérieux, ça fait du bien. On est venus la semaine passée, mais on ne pouvait pas acheter de canne à pêche. On est revenus aujourd’hui. Là, on l’a!» a dit Jarod Béland (à droite) d’ImperSolutions Construction.  

«On est heureux de pouvoir entrer dans les magasins pour acheter notre matériel de pêche et de chasse. Notre premier voyage, c’est aujourd’hui [lundi]. On s’en va sur la rivière Jacques-Cartier. On a fini de bonne heure», a ajouté M. Soucy (à gauche), un collègue et ami de M. Béland. 

Au magasin Latulippe de Québec, la clientèle était aussi au rendez-vous dès l’ouverture des portes.

«La pêche, le plein air, la chaussure, les vêtements de randonnée, ce sont des départements qui sont occupés. Les gens se préparent pour les vacances d’été. Ils sont fébriles. Tous les départements sont ouverts et tous les conseillers sont de retour au travail», a fait partager Lucas Coulombe, directeur du magasin de Québec. (DT)

S’équiper pour aller travailler dans une pourvoirie  

Photo Diane Tremblay

Pour rester dans son domaine, Pascal Grenier, de Québec, a décidé d’aller travailler comme cuisinier dans une pourvoirie au nord de La Tuque, au réservoir Gouin.  

«Là, je suis venu acheter des vêtements pour partir dans le bois. Dans une pourvoirie, tu ne travailles pas juste dans la cuisine. Tu arranges du poisson, tu fais le chauffeur, mais mon poste principal, c’est cuisinier. C’est une nouvelle aventure qui commence.» 

«Ç’a été pénible pour nous dans la restauration. On y a vraiment goûté. Pour travailler 40 heures et gagner un bon salaire, je n’ai pas eu le choix. Présentement, je travaille une journée par semaine à faire du take-out. Ce n’est pas assez quand tu as des enfants et une maison à payer.» (DT)

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