/opinion/columnists
Navigation

Les sombres malaises

Coup d'oeil sur cet article

Parlons d’abord des Beaux Malaises, la série de TVA écrite par Martin Matte, celui qui a été nommé personnalité de l’année au Gala Artis 2021.

L’humoriste est, à n’en point douter, le fils spirituel d’Yvon Deschamps. Il est le seul aujourd’hui à pratiquer un humour corrosif et libérateur dans le climat des sombres malaises suscités par les réseaux sociaux.

Martin Matte possède tous les attributs négatifs définis par le mouvement woke. Il est blanc, hétérosexuel et il ne respecte aucun des interdits de la bible des communautaristes. Il use de mots bannis des officines universitaires et médiatiques. Il est arrogant, pédant tout en échappant au complexe d’infé­riorité endémique des Canadiens français. Mais en contrepartie, son talent d’humoriste est plus grand que ses défauts. Il saisit au plus près l’âme québécoise actuelle. Autrement dit, les malaises qu’il suscite sont de beaux malaises.

Les réseaux sociaux sous le contrôle autocrate et brillant d’un petit nombre de propriétaires milliardaires n’ont pas encore atteint les tréfonds des ténèbres. Car les réseaux sociaux, telles des matières toxiques, ont réussi, à ce jour, à répandre leur pollution dans les esprits.

Découvrez À haute voix, une série balado sur les enjeux de la société québécoise contemporaine, par Denise Bombardier.

Planétarisation

Ils ont donné à un nombre de gens fragiles, ignorants, perturbés ou déraisonnables les moyens de planétariser en quelque sorte leurs élucubrations. Ils sont responsables d’avoir fait éclater l’éthique et les règles des médias traditionnels, ce quatrième pouvoir dans nos démocraties occidentales. Car avec les nouvelles technologies, on n’arrête pas le progrès.

Or c’est avec effarement que, chaque jour, les citoyens découvrent les effets nocifs de ces réseaux sociaux. Ceux-ci sont des rampes de lancement pour tous les assoiffés de notoriété, les pervers de tout genre et les dirigeants autoritaires tels que Trump, Bolsonaro, Erdogan ou Orbán.

Au Québec, les réseaux déstructurent nos institutions. Ils servent de tribunes populaires aux groupes idéologisés, dont les militants à l’habileté technologique infiltrent aisément leurs messages sur la Toile.

Les réseaux laissent à tous les détracteurs du Québec la possibilité de nier son Histoire en l’inscrivant dans une histoire déracinée.