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Terrassé par la COVID à 47 ans

La réadaptation physique sera longue pour l’homme de Bécancour qui a frôlé la mort dans son combat

Denis Charest
Photo courtoisie Au centre de réadaptation, Denis Charest fait de l’ergothérapie et de la physiothérapie deux heures chaque jour.

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Le sprint final d’un long marathon contre la COVID s’amorce pour un homme de 47 ans qui passera les prochaines semaines en réadaptation, à Trois-Rivières, afin de se reconstruire après quatre mois d’enfer pendant lesquels il a frôlé la mort.

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« C’est un soulagement d’être arrivé en centre de réadaptation. C’est ma porte de sortie pour enfin retrouver ma vie, ma famille et ma maison après quatre mois passés à l’hôpital à me battre contre le virus », confie Denis Charest.

Il a été infecté à la mi-décembre après que sa conjointe préposée aux bénéficiaires eut contracté le virus au travail.

« Les deux premières semaines ont passé comme une grippe, décrit-il en reprenant son souffle. Puis, j’ai eu mal aux poumons et de la difficulté à respirer. Le 2 janvier, ma belle-fille m’a ramassé par terre et m’a amené à l’urgence. Elle m’a sauvé la vie. »

Le résident de Bécancour n’avait pas de condition médicale qui le prédisposait à développer une forme grave de la maladie, sinon qu’il a fait un peu d’asthme pendant son enfance.

L’homme de 47 ans après avoir passé un mois dans le coma, et intubé, à l’hôpital.
Photo courtoisie
L’homme de 47 ans après avoir passé un mois dans le coma, et intubé, à l’hôpital.

Peur de mourir 

On l’a transféré au Centre hospitalier de l’Université de Montréal, où il a été plongé dans un coma artificiel, et intubé. Avant de perdre conscience, Denis Charest a eu peur de mourir. 

« Quand tu sais que tu risques de ne pas en sortir vivant, il y a tellement de remises en question. Je pensais à ma conjointe, mais surtout à ma fille de 16 ans. J’avais peur qu’elle perde son père », souffle-t-il en retenant difficilement ses larmes. 

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Un mois plus tard, il s’est miraculeusement réveillé de son coma, mais doit encore lutter pour respirer.

« J’étais tellement faible, mais c’est là que je me suis dit : “Ce n’est pas vrai que mon heure est venue”. J’étais prêt à me battre jusqu’au bout ».

« J’ai commencé à remonter la pente, mais ç’a été des montagnes russes. Aux soins intensifs, j’ai été capable de recommencer à marcher, puis mon état s’est détérioré et tout était à refaire », raconte M. Charest.  

Photo de Denis Charest datant d’avant son infection à la COVID-19.
Photo courtoisie
Photo de Denis Charest datant d’avant son infection à la COVID-19.

60 % de ses poumons détruits

Le virus s’est logé dans ses poumons, détruisant plus de 60 % de sa capacité pulmonaire, partie qu’il n’a toujours pas retrouvée, explique-t-il.

Avec 50 livres en moins, il a pu quitter l’hôpital vendredi pour un mois dans un centre de réadaptation.

Il respire encore avec l’aide d’oxygène, se déplace en fauteuil roulant et doit réapprendre à marcher « plus que trois pas sans s’essouffler. » 

« Je fais de l’ergothérapie et de la physiothérapie chaque jour. On va ajouter des séances au gym. Le but est d’être capable de reprendre mes activités quotidiennes de façon autonome. Ça va être ardu. Je suis conscient que j’ai beaucoup d’efforts à mettre encore », dit-il.

Il sait déjà qu’il aura des séquelles, notamment dans ses poumons, pour le restant de sa vie, et qu’il ne pourra pas reprendre de sitôt son travail comme chargé de projets pour l’entreprise Hydrexcel. 

Mais le plus important à ses yeux est simplement de retourner auprès de sa famille en laissant au centre de réadaptation sa bonbonne d’oxygène.

« La ligne d’arrivée de mon marathon, c’est juste de retourner à ma maison avec mes proches, de dormir sur mon oreiller, de retrouver mon garage. C’est des détails tellement fragiles qu’on peut perdre du jour au lendemain », laisse-t-il tomber.

Ce qu’il a dit sur...  

La solitude à l’hôpital

« J’ai vu ma fille quatre fois en autant de mois. Je me sentais tellement seul, comme si personne ne pouvait m’aider. J’avais besoin de mes proches. Quand j’ai revu mon ado, c’était un moment très émotif. »

Les travailleurs de la santé

« Ils faisaient plus que de me donner des soins, ils étaient là pour me supporter moralement et même pleurer avec moi. Avec toute la solitude à l’hôpital, des préposés aux bénéficiaires sont devenus mes confidents. »

La culpabilité de sa conjointe 

« Elle a supplié les médecins de me sauver la vie. Elle se sent très coupable de m’avoir transmis la COVID, même si ce n’est pas de sa faute. Encore aujourd’hui, elle trouve ça difficile et n’a pas repris le travail. »

Ceux qui ne croient pas en la COVID-19

« C’est triste et désolant. Je raconte mon histoire pour sensibiliser les gens aux dangers du virus et peut-être éviter que certains n’aient à vivre tout ce que j’ai vécu. »

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