/opinion/blogs/columnists
Navigation

Démocratisons la politique

québec canada drapeau
Photo Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

J’ai eu la chance de grandir au sein d’une famille politisée qui suivait et qui suit toujours l’actualité. Nous avions cette tradition d’étirer les heures de déjeuner, les samedis et dimanches matin, pour parler de l’actualité, d’histoire, de géographie... Sans le savoir, ces discussions, animées par mon père, ont eu un impact considérable sur ce que je suis devenue, sur ce que je suis tout court.  

J’ai ainsi développé une passion pour la politique, québécoise, canadienne et internationale. Les rapports de force entre un gouvernement et ses oppositions m’intriguent, les stratégies de communication et de relations publiques des partis politiques sur les différents sujets m’allument! 

Comme un fan fini de la Sainte-Flanelle qui ne raterait pour rien au monde un match de série, j’écoute, réécoute et analyse religieusement la période de questions et de réponses orales à l’Assemblée nationale. C’est ça, mon sport préféré!  

Je suis certainement plus intense que la moyenne des ours, mais je me demande souvent pour quelle raison ma génération s’intéresse de moins en moins aux enjeux d’affaires publiques.  

N’est-ce pas à notre âge que l’on est censé être idéaliste, entrevoir l’avenir avec audace, être révolutionnaire et vouloir que ça change, tout de suite et maintenant? N’est-il pas trop tôt pour être noyé dans la vague de cynisme ambiant?  

Quelles sont les raisons qui ont fait en sorte que le taux de participation de l’électorat âgé de moins de 35 ans a été d’un maigre 53,41% lors des dernières élections provinciales?   

Quelles conséquences aura ce désengagement civique sur les décisions gouvernementales? Le vieillissement de la population est sur toutes les lèvres, les soins aux aînés aussi, et je m’en réjouis: nous nous devons, collectivement, de nous assurer que nos aînés puissent être en sécurité, bien traités et vivre avec toute la dignité qu’ils méritent. Mais se pourrait-il que l’on oublie les enjeux liés à toute une génération qui, elle, électoralement silencieuse, n’est pas assez sexy à courtiser?  

Est-ce que le désengagement de ma génération est le résultat du déchirement qu’ont vécu nos parents et grands-parents, à devoir choisir son camp: oui ou non?  

La politique est-elle accessible aux jeunes désireux de faire une différence? Nos représentants portent-ils leurs préoccupations, leurs ambitions et leurs inquiétudes au Salon bleu ou à la Chambre des communes?  

Chose certaine, la pandémie et les différentes mesures mises en place par le gouvernement ont eu l’avantage de nous rassembler collectivement devant notre téléviseur à 13h, durant plusieurs mois, pour entendre nos politiciens nous annoncer leurs décisions. Combien de jeunes ont découvert, grâce à cette crise, et pour la première fois, l’identité de nos responsables de la santé, de l’économie et de l’éducation? Probablement plusieurs. Du moins, je l’espère.  

Ironiquement, l’avenir de la démocratie dépend de la démocratisation de la politique. Nous avons un devoir d’intéresser la jeune génération à la politique, à l’importance de l’engagement. Cela commence dès le secondaire, où l’on devrait démystifier, expliquer et faire débattre nos jeunes sur les sujets les plus chauds de l’heure. C’est ainsi que l’on sèmera les graines de citoyens engagés qui, espérons-le, feront entendre haut et fort leur position et leur vision de l’avenir dans les bureaux de vote.