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Les impacts du travail d’un ado sur les impôts de ses parents

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Avec la fin de l’année scolaire et l’été qui approche, des adolescents se préparent à faire leurs premiers pas sur le marché de l’emploi. Voilà une étape qui peut susciter quelques interrogations de nature fiscale chez leurs parents.

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C’est le cas de notre lectrice Véronique dont la fille de 15 ans désire travailler durant la belle saison. 

Elle se demande si son enfant devra faire une déclaration de revenus au printemps prochain. 

« Sinon, dois-je rapporter ses revenus sur mes rapports d’impôt ? Y a-t-il un maximum qu’elle peut gagner sans avoir à déclarer ? Comment son revenu va-t-il affecter le mien, incluant le soutien aux enfants ? » s’interroge Véronique.

Les avantages de déclarer

Quand ils occupent un emploi d’été, les jeunes ne gagnent généralement pas assez pour payer de l’impôt. Ils sont tranquilles aussi longtemps qu’ils ne s’approchent pas des 14 000 dollars, le niveau de revenu à partir duquel le fisc commence à s’intéresser à quelqu’un. 

Les ados sont donc dispensés de devoir rapporter au fisc les sommes gagnées à flipper des boulettes ou à laver des autos, mais ils ont néanmoins intérêt à le faire.

Un travailleur de moins de 18 ans peut accumuler ses premiers droits de cotisations REER malgré ses revenus modestes, pour peu que ces derniers soient déclarés. Conseil en passant : à cet âge, on ne doit surtout pas s’empresser de combler cet espace « REER », mieux vaut le conserver pour plus tard, pour ces années où le fisc ne fera plus de cadeaux.

Crédit pour certaines familles

Même si cette jeune main-d’œuvre n’a pas à se soucier de l’ogre fiscal, ça ne veut pas dire qu’on ne prélèvera pas d’impôt sur sa paye. Il y a toujours des employeurs qui s’obstinent à le faire, alors que ce n’est pas une obligation. 

Cela oblige le jeune contribuable à demander un remboursement, et pour ça, il doit produire une déclaration fiscale le printemps suivant.  

Est-ce que la rétribution d’un adolescent peut avoir un impact sur la situation fiscale d’un parent ? Oui, mais uniquement dans le cas des ménages monoparentaux. Les revenus de l’enfant réduisent le « crédit d’impôt pour personne à charge admissible ». Seuls les parents sans conjoint peuvent réclamer ce crédit fédéral.

Le crédit équivaut à 15 % du montant de base (13 229 $ en 2020). Le revenu de l’enfant est soustrait de ce montant qui sert au calcul. Le crédit, selon les paramètres de 2020, est plafonné à 1657 dollars au Québec en raison de l’abattement fédéral. 

« Quand un parent a plus d’un enfant à sa charge, il ne peut demander le crédit que pour un seul d’entre eux. Il est plus avantageux de demander le crédit pour celui qui gagne les plus faibles revenus », précise Andrée Germain, directrice principale, fiscalité, chez Raymond Chabot Grant Thornton.

Pour le reste, les parents peuvent fièrement regarder leur progéniture faire ses premiers pas sur le marché du travail, et ce, sans craindre de perdre leurs allocations familiales. 

LE CRÉDIT D’IMPÔT POUR PERSONNE À CHARGE ADMISSIBLE EN BREF  

  • Le crédit peut être demandé pour une seule personne à charge. 
  • Un seul particulier peut demander le crédit pour la même personne. 
  • Le crédit ne peut être partagé entre parents séparés. Si ces derniers ne s’entendent pas sur lequel des deux recevra le crédit, aucun des parents ne pourra le réclamer. 
  • Le crédit ne peut être demandé pour une personne pour laquelle un particulier verse une pension alimentaire. 

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