/sports/opinion/columnists
Navigation

Modèle à repenser

SPO - TOURNOI DE GOLF DE MAX PACIORETTY
Photo d’archives Marc Bergevin et Geoff Molson

Coup d'oeil sur cet article

L’absence de joueurs québécois au sein de la formation du Canadien, lundi dernier face aux Oilers d’Edmonton, n’est pas un hasard, comme le dit Serge Savard. On voyait ça venir à part, visiblement, la direction du Tricolore.

Or, les joueurs québécois ne sont pas les seuls en cause quand on parle du manque de vision du Canadien pour la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Exemple : au cours des cinq dernières années, le Canadien n’a repêché aucun joueur de la LHJMQ à trois reprises. Ni Québécois ni joueurs originaires de l’extérieur du Québec.

Zéro !

Est-ce normal ?

Absolument pas !

Des problèmes

Mais, quand on analyse la situation froidement, il y a des faits qu’on ne peut nier. Je l’ai dit souvent : le hockey québécois doit porter une partie du blâme dans cette histoire.

En 2011, à l’initiative de Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ, un sommet du hockey québécois qui réunissait les cerveaux de chez nous s’est tenu au Centre Bell durant deux jours.

Tout le monde y est allé de suggestions et de recommandations judicieuses. 

Le docteur Georges Larivière, détenteur d’un doctorat en éducation physique dont la thèse portait sur le hockey, estimait qu’une compétition plus diversifiée serait profitable aux équipes de la LHJMQ. 

Il proposait des matchs contre des formations de l’Ontario, de l’Ouest et même d’Europe afin que les équipes de la LHJMQ puissent être exposées à des systèmes et à des mentalités différents.

Pour lui, une rencontre contre des formations étrangères équivalait à quatre, cinq ou six matchs contre des adversaires réguliers.

Le modèle suédois

Bob Nicholson, actuel président des Oilers d’Edmonton qui était alors à la tête de Hockey Canada, et le Montréalais Blair Mackasey, recruteur professionnel des Maple Leafs de Toronto qui a dirigé des équipes de la LHJMQ et œuvré chez Hockey Canada, avaient porté à l’attention des congressistes les grandes améliorations apportées au modèle suédois.

La population de la Suède s’élève à 10,2 millions d’habitants et celle du Québec, à 8,5 millions.

L’an dernier, 32 joueurs suédois ont été sélectionnés au repêchage de la LNH comparativement à 18 pour la LHJMQ. 

En 2019, l’écart avait été serré avec 26 Suédois repêchés contre 23 pour le circuit québécois. En 2017 et 2018, 57 Suédois ont été retenus par des formations de la LNH contre 28 pour la LHJMQ.

Le Canadien pourrait aider

La plupart des pays producteurs de joueurs de hockey ont un avantage qui manque au Québec et aux autres provinces canadiennes. 

Ils forment des entraîneurs qu’ils rémunèrent ensuite.

En confiant leurs jeunes à des entraîneurs qualifiés, les États-Unis ont fait de grandes avancées depuis 20 ans. 

Auston Matthews est natif de Californie et a appris à jouer au hockey en Arizona. Jason Zucker et Kevan Miller sont aussi originaires de Californie.

Les frères Jack et Quinton Hughes, ainsi que Jakob Chychrun et Shayne Gostisbehere, ont grandi sur les plages de Floride.

Mais ce n’est pas une raison pour dire que le hockey est fichu au Québec. Au contraire, tout doit être fait pour que notre sport de prédilection retrouve ses lettres de noblesse. 

Le Canadien peut contribuer à cet effort et ne doit pas oublier que les amateurs qui mettent de l’argent dans ses coffres sont en majorité des Québécois francophones qui aiment encourager des talents locaux.

Geoff Molson et Marc Bergevin ont la responsabilité d’y voir.