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Bienvenue chez les Picard en 1960

Louise Tremblay d'Essiambre
Photo Chantal Poirier Louise Tremblay D’Essiambre

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Reine de la saga d’époque québécoise, Louise Tremblay D’Essiambre a délaissé temporairement les petits villages du Québec pour se réinstaller au cœur de Montréal, dans les années 1960, pour sa nouvelle série, Place des Érables. L’écrivaine a créé un tout nouvel univers, faisant l’éloge des liens familiaux et des petits événements du quotidien, afin d’apporter de la joie et une bouffée d’air frais à ses lecteurs. Bienvenue chez les Picard et bienvenue dans leur quincaillerie !

Louise Tremblay D’Essiambre, écrivaine prolifique et très travaillante, avait envie de replonger au cœur de la métropole dans cette nouvelle série, et d’y aller dans les années 1960, les années de sa jeunesse.

Elle invite donc ses fidèles lectrices et lecteurs à la suivre au cœur du clan Picard, une famille tissée serrée où les hommes sont quincailliers de père en fils.

L’aïeul, Joseph-Alfred, est un grand-père érudit qui n’a pas la langue dans sa poche. Son fils Joseph-Armand (J.A. pour les intimes) est un génie des chiffres. Et le jeune Joseph-Arthur, à 10 ans, sait qu’il n’a pas envie d’être un vendeur de clous. Mais comment faire passer le message sans blesser les membres de la famille ? Peut-être sa mère Léonie pourrait-elle lui venir en aide ?

Louise, écrivaine généreuse, a créé toute une galerie de personnages autour du petit Joseph-Arthur, qui tente de couler des jours tranquilles au parc avec ses amis. On croisera Rita, propriétaire du casse-croûte, Valentin, le pharmacien, et Anna, une jolie fille qui vient d’arriver d’Italie.

De belles années

« C’était une belle vie, dans ce temps-là. Il n’y en avait pas de problèmes ! » s’exclame Louise Tremblay D’Essiambre en parlant des années 60. « Les années 60, c’est mes années de folies de jeunesse. C’est pour moi de belles années, surtout quand je regarde les jeunes d’aujourd’hui qui ont 15, 16, 17, 18 ans, ou 25 ans comme ma fille... ils se la font voler, leur jeunesse. »

« J’avais le goût de revenir à cette légèreté de l’enfance et de l’adolescence. C’est pour ça que je suis passée par le regard d’un petit gars de 10 ans. » 

Elle voulait aussi dépeindre le jeu des générations, qui ne se joue presque plus en ce moment. « Moi, comme grand-maman, je ne les vois pas, mes petits-enfants. Je ne peux pas jouer mon rôle de grand-maman, d’être là, d’être à l’écoute », fait-elle remarquer.

« J’avais le goût que les gens, le temps d’une lecture, retombent dans quelque chose de plus léger. C’est lourd pour tout le monde, ce qu’on vit. J’avais le goût de quelque chose de simple, de quotidien, facile. Juste pour le plaisir de se laisser aller là-dedans. Et la plupart de mes lecteurs ont connu ces belles années-là. »

Simplicité

Louise voulait montrer le lien familial très fort tissé entre Joseph-Arthur et son grand-père. « Je voulais montrer le quotidien, dans sa version la plus simple. On n’a pas besoin de raconter une histoire abracadabrante ou des romans compliqués. Le quotidien, dans sa simplicité, est tellement beau que c’est ça que j’avais le goût de retrouver. »

Elle a eu un « fun fou » à écrire ce roman. « C’est un livre en petits clins d’œil, en petits sourires, et c’est ce dont on avait besoin. »

Louise restera donc – dans sa tête – à Montréal pour trois livres – les trois tomes de cette série. Ensuite ? « Je ne pense pas que ce sont des personnages qui vont me laisser. J’ai le goût de continuer avec eux, un peu comme j’ai fait avec Une simple histoire d’amour, Histoires de femmes et Du côté des Laurentides, où les personnages de chacune des séries rejoignent les autres, créant en fait 11 romans où il y avait une suite logique, temporelle. »

  • Louise Tremblay D’Essiambre est mère de neuf enfants.
  • Écrivaine prolifique, elle a écrit dix séries inoubliables et ses livres ont été vendus à plus de deux millions d’exemplaires.
  • Elle habite la région de Blainville.
  • Elle a déjà écrit le deuxième tome et prépare le troisième.
  • Elle a participé au recueil Des nouvelles de maman

EXTRAIT

Place des Érables Tome 1 : quincaillerie J.A. Picard & fils<br/>
Louise Tremblay D’Essiambre<br/>
Guy Saint-Jean Éditeur<br/>
environ 400 pages
Photo courtoisie
Place des Érables Tome 1 : quincaillerie J.A. Picard & fils
Louise Tremblay D’Essiambre
Guy Saint-Jean Éditeur
environ 400 pages

« Espèce de niochon, d’insignifiant, de pas d’allure ! Voir que c’est ça que je t’avais demandé.

Piteux, un jeune garçon aux cheveux auburn en épis, malgré la coupe plutôt courte, baissa aussitôt la tête. Vêtu d’une salopette en denim, il se tenait devant un homme pas très grand, mais aux avant-bras musclés, qui haussait fréquemment le ton pour se donner une certaine prestance. Ainsi, au moins une fois par jour, le petit homme grisonnant criait tellement fort après l’enfant que tout le quartier pouvait l’entendre, et le sobriquet de “niochon” le suivait parfois quand il sortait de chez lui. »