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Collectif antiraciste décolonial: Québec solidaire réprimande son aile radicale

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Québec solidaire a imposé un blâme à un groupe de militants antiracistes accusé d’avoir créé un «climat toxique» au sein du parti. Le collectif, lui, estime que les deux porte-paroles tentent de museler les minorités. 

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La motion de blâme envers le Collectif antiraciste décolonial (CAD) a été adoptée dans une proportion d’environ 81%, samedi, lors du Conseil national de Québec solidaire.  

Le collectif était accusé par la direction du parti d’avoir multiplié menaces, ultimatums, tactiques de dénigrement et mises en demeure. Au cours des dernières semaines, le CAD a également associé le chef du Parti québécois et un journaliste de la presse parlementaire à la «faschosphère», en plus d’appuyer publiquement les propos anti-Québécois du professeur Amir Attaran.  

À la suite du vote, le groupe, qui représente environ 80 militants, devra soit cesser ses tactiques, soit être confronté au retrait de son accréditation lors du prochain congrès du parti, l’automne prochain.  

Avenir incertain

Quelques minutes après l’annonce du résultat, la co-porte-parole du CAD, Ève Torres, a laissé planer le doute sur l’avenir du collectif et sur sa propre implication dans le parti.  

«Le collectif va se réunir dans les prochaines semaines pour voir ce qu’il décide de faire», a commenté Mme Torres.  

Elle ajoute que «les choix politiques de Québec solidaire actuellement ne correspondent pas à l’éthique des luttes que je mène personnellement dans la société civile, au sein de mes engagements professionnels». 

«Tant qu’il y a cette direction et cette façon de faire, je n’envisage plus de porter les couleurs solidaires», dit celle qui fut, en 2018, la première femme voilée à se porter candidate à une élection provinciale au Québec.  

Mme Torres a également vivement critiqué les co-porte-paroles du parti. «Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé sont là pour éteindre la démocratie participative au sein de Québec solidaire et veulent absolument contrôler le message, ne laissent pas la porte ouverte [...]», a-t-elle déclaré.  

«Depuis que le parti a amené dix députés au pouvoir et l’arrivée de monsieur Gabriel Nadeau-Dubois, il y a des façons de faire et des orientations politiques qui sont différentes, plusieurs membres l’ont soulevé par ailleurs au Conseil national», dit-elle.  

«Inacceptable»

De leur côté, les co-porte-paroles ont insisté sur l’approche qui était reprochée au CAD. «La ligne que nos membres ont tracée cet après-midi, c’est une ligne sur comment on ne veut pas que se fasse la politique à Québec solidaire», a souligné Manon Massé.  

Gabriel Nadeau-Dubois, lui, a fait valoir que des membres autochtones et racisés ont déploré les agissements du collectif.  

«Ces comportements sont inacceptables», a ajouté Mme Massé.  

«Et le vote très majoritaire nous dit que la direction politique a bien senti les membres de Québec solidaire, qui sont venus reconfirmer qu’on s’en va dans la bonne direction», dit-elle.