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Canadien c. Maple Leafs: une rivalité à régénérer

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Photo d'archives La défaite semblait être dure à avaler pour le gardien Mike Palmateer des Maple Leafs.

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Le gagnant de la série entre le Canadien et les Maple Leafs de Toronto va probablement remporter la coupe Stanley.

Ne riez pas !

L’histoire nous apprend que le vainqueur des 15 premières confrontations entre les deux plus anciennes équipes de la Ligue nationale a gagné la coupe 14 fois.

Bon, c’est assez, les facéties.

Pas pareil sans spectateurs

C’est dommage que les amateurs ne puissent avoir accès au Centre Bell et au Scotiabank Arena pour cette première série en 42 ans entre le Tricolore et les Leafs.

L’atmosphère ne sera pas la même.

Autrefois, une série Canadien-Leafs soulevait les mêmes passions qu’un affrontement Canadien-Nordiques ou Canadien-Bruins.

À partir des années 1940 jusqu’aux années 1970, c’était les Français contre les Anglais. C’était tout le peuple canadien-français qui se battait contre l’establishment anglophone. 

C’était Maurice Richard qui charriait les espoirs de ses compatriotes sur la glace, même s’il ne se voyait pas comme un porte-étendard du Québec français.

Avant l’avènement de la télévision, en 1952, les amateurs suivaient les péripéties des matchs Canadien-Leafs à la radio. Ils voyaient les images dans leur tête et sautaient de joie lorsque le Rocket comptait. Ils se battaient avec lui lorsque Wild Bill Ezinicki lui faisait perdre la tête.

Le toit du Forum a levé lorsqu’il a marqué les cinq buts des siens et reçu les trois étoiles dans une rencontre des séries contre les Leafs, en 1944.

Chacun son tour

Il y a eu aussi de moins bons moments.

Chaque élimination aux mains des Leafs était un supplice pour les partisans du Canadien. L’équipe torontoise a vaincu le Tricolore en finale en 1947 et en 1951.

Les deux équipes se sont affrontées sept fois en séries entre 1959 et 1967, le Tricolore l’emportant quatre fois.

Les Montréalais ont remporté les quatrième et cinquième coupes de leur série de cinq consécutives face aux Leafs, en 1959 et 1960.

Le Canadien était alors trop fort pour ses rivaux. De 1956 à 1960, il a conservé une fiche de 40 victoires contre seulement neuf défaites dans les séries.

Douloureux revers de 1967

De 1962 à 1967, Toronto a remporté la coupe à quatre reprises, les trois premières consécutivement. Le Canadien a triomphé en 1965 et en 1966.

Les amateurs qui ont été témoins de cette époque parlent encore de la défaite de 1967 avec la rage au cœur.

Pour Yvan Cournoyer, ce fut une leçon de vie, lui dont ce fut la seule défaite en 11 participations à la finale.

Les séries de 1978 et de 1979 marquaient la fin de la grande dynastie du Canadien, qui n’a subi que 46 défaites en 320 matchs (229-46-45) de 1975-1976 à 1978-1979.

Guy Lafleur brûlait la ligue.

Serge Savard, Guy Lapointe et Larry Robinson formaient un Big Three à la défense comme on n’en reverra peut-être plus. 

Ken Dryden, du haut de ses six pieds quatre pouces, en imposait devant le filet.

Les Leafs misaient sur de bons joueurs tels que Darryl Sittler, Lanny McDonald et Ian Turnbull, mais ils n’avaient pas la profondeur du Canadien.

Derniers souvenirs

Les dernières images de la dernière série entre les deux équipes, en 1979, nous montrent les joueurs des Leafs tentant de calmer le fougueux Dave Tiger Williams, qui veut s’en prendre à l’arbitre Bob Myers pour l’avoir pénalisé avant la séquence ayant mené au but vainqueur de la série inscrit par Robinson, en prolongation.

Williams chute sur la glace et lorsque son coéquipier Dan Maloney le relève, le grand Larry lui parle à son tour, nez à nez, pour le dissuader de s’attaquer à Myers.

Deux ans plus tard, sous les pressions de leur controversé propriétaire Harold Ballard, les Leafs déménagent dans l’Association de l’Ouest. Ils viennent près d’affronter le Canadien lors de la finale de 1993, mais Wayne Gretzky met fin à leurs espoirs de participer à une première finale depuis 1967.

L’arme manquante

On en est à une cinquième décennie depuis le dernier affrontement Montréal-Toronto en séries.

Que nous réserve la série qui commencera jeudi prochain ?

Cette fois-ci, les Leafs ont le gros bout du bâton. Ils possèdent une arme qui manque au Canadien depuis des années, un duo offensif capable d’exploser à tout moment avec Auston Matthews et Mitch Marner.

Matthews est devenu un grand joueur. Il fait partie de l’élite. Marner est un poison autour du filet.

Chez le Canadien, Carey Price aura encore beaucoup de pression sur les épaules, mais sera-t-il au sommet de sa forme ?

La même question se pose pour Phillip Danault et Brendan Gallagher. Or, à cette période de l’année, tous les joueurs soignent des bobos. 

Aucune excuse ne tient.

Le Canadien devra tout donner pour espérer l’emporter.

En sera-t-il capable ?