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Il éteint héroïquement un feu de ses mains

Mention d’honneur donnée à un militaire de Québec qui était déployé dans un CHSLD en raison de la pandémie

Intervention armée CHSLD
Photo courtoisie Le caporal Maxime Gravel a reçu récemment la Mention élogieuse du Chef d’État-major de la Défense pour son intervention empreinte de sang-froid au CHSLD Vigi Mont-Royal.

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Un soldat d’infanterie de Québec déployé dans un CHSLD de Montréal l’été dernier a posé un geste héroïque en éteignant de ses propres mains l’incendie qui se propageait au lit d’un bénéficiaire. Son sang-froid a récemment été récompensé par une mention d’honneur. 

Le caporal Maxime Gravel a reçu au cours des dernières semaines la Mention élogieuse du Chef d’état-major de la Défense, une mention qui reconnaît « les exploits ou activités qui dépassent les exigences des fonctions normales ».

Dans le cadre de l’opération LASER, le caporal Gravel a été déployé deux mois au CHSLD Vigi Mont-Royal, frappé de plein fouet par la COVID-19. C’est là, le 11 juin, qu’il a sauvé au moins deux vies en maîtrisant un incendie qui se déclarait dans une chambre. 

Ce soir-là, une coordonnatrice de l’endroit a perçu une odeur de fumée et demandé aux militaires de faire une tournée de l’établissement. 

L’odeur les a menés à la chambre de deux bénéficiaires en lourde perte d’autonomie.

À droite, le caporal Maxime Gravel, et à gauche, le soldat Devan Noël, qui l’accompagnait le soir de l'incendie.
Photo courtoisie
À droite, le caporal Maxime Gravel, et à gauche, le soldat Devan Noël, qui l’accompagnait le soir de l'incendie.

Lit enflammé

« Quand on est entré, le feu était pris dans la lampe au-dessus du patient. Le feu commençait à prendre dans le mur aussi », raconte le caporal Gravel, qui a rapidement demandé à son coéquipier d’aller trouver un extincteur.

Avant même que celui-ci n’ait le temps de revenir, la lampe enflammée tombait directement sur le lit de l’homme et embrasait sa couverture de laine. 

« C’est un bénéficiaire aphasique et paralysé. Il voyait que le feu se propageait et ne pouvait rien faire. J’avais une seconde pour réagir, j’ai mis mes mains directement sur le feu pour l’éteindre et éviter que ça le brûle », relate le soldat.

Un extincteur est finalement arrivé et les militaires ont pu faire sortir les deux personnes âgées. « Il y avait pas mal de fumée, donc on a dû se coucher au sol pour enlever les freins des civières et les sortir de là », ajoute Maxime Gravel, précisant que les pompiers avaient pris le relais par la suite.

Éviter la catastrophe

Sous le coup de l’adrénaline, le militaire de Québec n’a pas immédiatement saisi l’importance de sa réaction. Ce n’est que le lendemain, en discutant avec des collègues qu’il a réalisé qu’il avait probablement évité une catastrophe.

« On a sauvé les deux vies dans cette chambre-là. Et si on n’avait pas fait notre inspection, si le feu arrive au plafond suspendu, ça se propage et ça devient une catastrophe », analyse le caporal, qui n’a pas eu de nouvelles des deux bénéficiaires par la suite.

« Si on a permis à une famille d’avoir leur père un peu plus longtemps, notre travail est accompli », ajoute Maxime Gravel, insistant pour partager la reconnaissance avec ses collègues. 

« On a tous fait une différence ce soir-là, ensemble. C’est comme ça que l’armée nous montre à travailler. »