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Le bal des extrémistes

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Les délégués de Québec solidaire ont suivi Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois en blâmant ce week-end une faction radicale antiraciste, mais les co-porte-parole ne sont probablement pas au bout de leurs peines.

« Je vois une maturité dans notre parti », a résumé avec satisfaction Manon Massé, après que le Conseil national de QS eut blâmé le Collectif antiraciste décolonial (CAD) pour ses pratiques, samedi.

Ce groupe d’environ 80 militants avait notamment relayé les propos controversés du professeur Amir Attaran, selon qui François Legault est un « suprémaciste blanc ».

Pour l’une de ses représentantes, Eve Torres, c’est là un signe qu’à l’aube de ses 15 ans d’existence, QS « a rejoint le club des vieux partis » et ne fait plus « de la politique autrement ».

Depuis 2018 et l’élection de 10 députés qui défendent pourtant les laissés-pour-compte dans le respect des règles parlementaires, des militants plus extrémistes font parfois sentir leur mécontentement. 

Méfiance

Certains avaient reproché au parti d’avoir été trop complaisant avec le gouvernement dans sa gestion de la pandémie.

D’autres ne se reconnaissent pas dans l’élégante posture de GND, alors qu’Amir Khadir lançait des souliers ou qualifiait Jean Charest de « suspect numéro un ».

Manon Massé disait samedi matin qu’à QS, « on n’a pas peur de la démocratie ». Pourtant le débat sur le blâme contre le CAD s’est déroulé à huis clos.

Hier, le parti s’est donné un code d’éthique et une politique de gestion de conflits, que des délégués ont vus comme un possible frein à exprimer des dissidences.

Gestion de croissance

Les deux co-porte-parole ont cherché davantage à contrôler le message.

Pour continuer sa croissance, QS se devait de prendre ses distances avec ce groupuscule extrémiste.

Avec GND de plus en plus aux commandes, le parti poursuivra possiblement une tendance vers une gauche qui peut rejoindre un public plus large, en rêvant de grignoter ce qui reste du Parti québécois.

Ce faisant, il y a fort à parier que certains de ses militants contestataires se cherchent une nouvelle niche.