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Boucher simulerait avoir été en psychose

Une psychiatre croit qu’il veut se déresponsabiliser

meurtre saint-jean
Photo courtoisie Vincent Boucher à l’hôpital après son arrestation à Sainte-Adèle, le 15 décembre 2018.

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Vincent Boucher « simulerait » avoir été en psychose au moment d’assassiner son ex-conjointe, il y a deux ans, afin de se « déresponsabiliser », soutient une psychiatre.

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« [Forger des explications], c’est la façon qu’il a d’interpréter la réalité pour se victimiser », a expliqué au jury la psychiatre Marie-Michèle Boulanger,
alors que reprenait mardi le procès de l’homme de 27 ans, au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Vincent Boucher est accusé du meurtre de Laurie-Anne Grenier, 27 ans.

Son ex-conjointe, Laurie-Anne Grenier, qu’il aurait tuée durant la nuit.
Photo tirée de Facebook
Son ex-conjointe, Laurie-Anne Grenier, qu’il aurait tuée durant la nuit.

La semaine dernière, la défense a fait entendre le psychiatre Christophe Nowakowski. Il a déclaré à la cour que l’accusé aurait été dans un état psychotique de courte durée, au moment du meurtre, qui s’est produit le 15 décembre 2018, à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Mardi, lors de la contre-preuve de la poursuite, la Dre Boulanger a écarté toute hypothèse de psychose, de délire ou de syndrome post-traumatique.

« J’ai fait la revue avec lui de tous les symptômes [qui auraient dû être présents], et il m’a dit non à tout », a-t-elle souligné.

Manipulateur

La spécialiste a aussi précisé que l’accusé n’aurait pas agi par impulsivité.

Lors de sa rencontre avec l’accusé, en avril dernier, celui-ci était toujours en mesure de décrire en détail chaque étape de sa pensée lors du crime.

Selon la psychiatre, Boucher présente toutefois des troubles de personnalité. Cela l’amènerait à être charmeur, voire séducteur, dans le but de manipuler ses interlocuteurs, a-t-elle pu constater.

La Dre Boulanger est d’avis que Boucher « exagérerait » des symptômes de maladie pour se « déresponsabiliser » lorsqu’il commet des erreurs. Il utiliserait même souvent des termes médicaux.

« Comme [le syndrome de] la Tourette pour justifier des insultes, la paranoïa, le délire. Il m’a dit explicitement qu’il l’avait déjà fait à des médecins pour avoir [une prescription] », a-t-elle indiqué.

« Mais personne, aucun psychiatre, n’a vu chez lui un symptôme psychotique avant ou après [le meurtre]. C’est plus probable qu’il ait simulé », a-t-elle conclu.  

  • Le procès présidé par le juge Marc-André Blanchard se poursuit vendredi.