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Troisième lien: trop cher et inutile, soutiennent les groupes environnementaux

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Le troisième lien est un projet pharaonique qui ne doit pas voir le jour, ont clamé des groupes environnementaux.

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«Inacceptable», «gaspillage éhonté», «poudre aux yeux», «insensé». Les qualificatifs ne manquaient pas lors du lancement de la campagne anti-troisième lien, mardi matin, par des organismes environnementaux et de transport durable.    

  • Écoutez l'entrevue du ministre des Transports, François Bonnardel, avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

La Coalition Non au troisième lien a appelé les organismes et les citoyens à se joindre à son mouvement et à signer une pétition qui a été mise en ligne au nonautroisiemelien.quebec.  

Les membres de la Coalition se sont affairés à démolir chacun des arguments invoqués par le gouvernement pour justifier le troisième lien, qui pourrait atteindre un coût de 10 G$ en incluant les imprévus. 

Les chiffres ne justifient pas cet investissement, clament les groupes en chœur. D’abord, Étienne Grandmont, d’Accès transports viables, a calculé que «pour un projet de 10 G$, ça veut dire 200 000$ par automobiliste. C’est insensé. C’est cinq fois plus que pour le pont Champlain» pour lequel le gouvernement a payé 4,8 G$ pour 120 000 véhicules par jour, donc 40 000$ par véhicule. 

Par ailleurs, Alexandre Turgeon, du Conseil régional de l’environnement, a remis en doute les chiffres présentés par le gouvernement, selon lesquels 50 000 à 55 000 véhicules passeront dans le tunnel chaque jour.  

Il a rappelé que selon la dernière étude Origine-Destination, tout au plus 21 000 véhicules circuleraient dans cet axe. En ce moment, 76% des automobilistes de la Rive-Sud proviennent de l’ouest de Lévis et se destinent à l’ouest de Québec. Même en heure de pointe, c’est moins de 3 % du trafic qui se rend dans une zone à l’est de l’autoroute Robert-Bourassa, dit M. Grandmont. «C’est une infrastructure qui est inutile à moins qu’on compte sur l’étalement urbain.» 

Les environnementalistes ont aussi remis en question «l’urgence» de régler le problème de congestion à Québec. Marc-André Viau, d’Équiterre, a rappelé que la région métropolitaine de Québec se situe au 29e rang sur 35 pour la congestion dans les villes du pays. 

Selon M. Viau, un seul projet présenté dans le Réseau express de la Capitale mérite d’être financé par le gouvernement fédéral, c’est le tramway. 

Selon Christian Savard, de Vivre en ville, le troisième lien n’est pas un projet de transport collectif et ne devrait pas se qualifier pour les subventions fédérales. Au contraire, il contribuera à hausser les émissions de gaz à effet de serre et à éloigner le Québec de ses cibles de lutte contre les changements climatiques, a ajouté Charles Bonhomme, de la Fondation David Suzuki. 

«C’est un gaspillage éhonté de fonds publics», a exprimé Sarah V. Doyon, de Trajectoire Québec, qui a énuméré ce que le Québec pourrait se payer avec une telle somme: la construction de 978 nouvelles écoles, de 39 hôpitaux comme celui de Baie-Saint-Paul, de 84 000 logements communautaires. 

«Avec le même montant, on pourrait offrir le transport collectif gratuit pour tous les usagers de Québec et Lévis pour les 100 prochaines années.» 

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