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La campagne de vaccination, un excellent modèle à suivre

Christian Dubé
PHoto d'archives, Chantal Poirier Le ministre Christian Dubé veut se servir des enseignements de la pandémie, notamment de la campagne de vaccination, pour améliorer le réseau de la santé.

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Êtes-vous impressionné par la campagne de vaccination au Québec ? Sa rapidité, son efficacité et sa souplesse font des jaloux partout dans le monde. 

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Honnêtement, mon expérience au centre de vaccination cette semaine m’a agréablement surpris. Le personnel était attentionné et courtois, ma vaccinatrice drôle et professionnelle. J’ai eu l’impression d’être accueilli dans une grande clinique privée... il ne manquait plus que le café gratuit et les croissants ! 

J’attendais ce moment depuis plus d’un an. Il n’aura pris que 30 minutes de ma journée. Si la campagne avait été mal gérée, nous serions les premiers (avec raison) à critiquer. Reconnaissons que pour l’instant, l’efficacité de l’opération est redoutable.

En recevant ma dose, je me suis posé cette question : et si nous assistions aux balbutiements silencieux d’une grande réforme du réseau de la santé ? Soudainement, je ne me sentais plus comme un « patient », j’étais devenu un « client ». Je n’avais plus l’impression de quêter un service gratuit, mais celle de recevoir un service à la hauteur de ce que je paye avec mes taxes et mes impôts. 

À l’émission À vos affaires, le ministre de la Santé a voulu conforter mes impressions. 

« On va se servir de la pandémie pour améliorer les choses », a promis Christian Dubé. 

Une promesse de politicien, certes, mais il s’agit aussi de celle d’un gestionnaire qui a toujours fait de l’efficacité son obsession. 

Dompter le mastodonte

Gérer le ministère de la Santé n’est pas une mince responsabilité. Son budget annuel de 52,4 milliards $, pour vous donner une idée, équivaut à celui de la multinationale québécoise Couche-Tard, ou quatre fois celui d’Hydro-Québec. 

« De se fier à des notions en entreprise, des notions de service à la clientèle et d’inventaires en juste temps, je pense que c’est cela qui nous permet d’avoir une excellente performance », analyse le ministre de la Santé. 

Le vocabulaire qu’emploie Christian Dubé est révélateur d’une nouvelle façon de dompter le mastodonte de la Santé. Pour la première fois en 18 ans, le premier ministre a confié les rênes du ministère à un politicien qui n’est pas médecin, plus à l’aise avec des chiffres qu’avec un stéthoscope, et qui a occupé le rôle de gestionnaire au sein d’organisations comme Domtar, Cascades et la Caisse de dépôt. 

Ce curriculum vitae ne fait pas automatiquement de Christian Dubé un meilleur ministre de la Santé. Seule l’histoire nous le dira. Néanmoins, force est de constater que son langage issu du monde des affaires a déjà un impact sur le rapport des Québécois avec leur réseau de la santé. 

« Il y a 80 % de la population qui, dans une année, ne touche que très peu au réseau de la santé. Ils entendent toutes sortes de choses négatives. Et là, à peu près tout le monde va passer par la vaccination. On a la chance de leur montrer que notre personnel peut bien faire », fait-il remarquer. 

L’impact de Clic Santé

Un des secrets du succès québécois, jusqu’à présent, réside dans la gestion des données, et le recours à la plateforme québécoise Clic Santé pour les gérer. Il fallait prendre un risque d’affaires en confiant le cœur de cette méga-opération à une PME d’Alma qui ne compte qu’une vingtaine d’employés. 

En janvier, le directeur général de la plateforme me promettait en entrevue que tout allait se dérouler rondement. 

« On a pris tous les moyens qui étaient à notre disposition pour que ça fonctionne », promettait Stéphane Lajoie. Après 2 milliards $ et 20 ans d’échecs pour informatiser le réseau de la santé, bien des Québécois étaient sceptiques. 

« On savait qu’on allait le tester, admet Christian Dubé. L’important, c’est d’avoir des tableaux de bord avec l’information en temps réel, et Clic Santé a été incroyable depuis le début. »

Cet outil de gestion, mis sur pied au Lac-Saint-Jean, pourrait avoir un impact majeur au cours des prochaines années. 

« Je veux aussi qu’on s’en serve avec nos médecins, pour avoir un rendez-vous rapide, par exemple. » Bye bye Bonjour-santé ? 

Il faut garder à l’esprit qu’en moyenne, le système public de la santé coûte 6000 $ par année à chaque Québécois, soit 1250 $ de plus qu’en Ontario. Nous payons nos soins presque 25 % plus cher. À ce prix, le patient est un client à satisfaire.

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