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Le soya et le maïs à des prix records

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Le prix de certaines céréales a atteint des sommets jamais vus en mai à la bourse de Chicago. C’est le cas du soya et du maïs, qui se vend 60 % plus cher qu’à pareille date l’an dernier. Si ça peut être bénéfique pour les producteurs de grains du Québec, cette hausse risque d’avoir des impacts sur la facture d’épicerie.

C’est au tour du prix du grain de s'enflammer. Si le prix à la tonne du soya était de 444 $ il y a douze mois, il était à 715 $ ce lundi. La hausse est semblable pour le maïs, qui est passé de 223 $ à 370 $.

Agriculteur depuis 40 ans, Denis Couture avoue n’avoir jamais connu une telle période de surchauffe. «Quand nous avions 300 $ pour du maïs, c’est à peine si on faisait encadrer le chèque tellement c’était rare. Mais aujourd’hui, ça se vend encore plus cher! On voit ça une fois aux quinze ans, peut-être», a-t-il confié à TVA Nouvelles, mercredi.

Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation. Les réserves mondiales sont basses et une sécheresse en Amérique du Sud a affecté les récoltes en Argentine, mais surtout au Brésil, qui est l’un des plus gros producteurs de soya et maïs au monde.

Selon Alexandre Cossette, de la ferme Joviane à Saint-Narcisse, la demande du marché chinois est un autre facteur. «L’économie de la Chine a repris plus vite qu’ailleurs et la demande en soya a explosé. Ce qui fait que le prix a suivi la même tendance.»

Opinion partagée par le professeur en politiques agroalimentaires de l’Université Dalhousie Sylvain Charlebois, qui soutient que la Chine a déjà commencé à acheter les futures récoltes de 2022, tellement la demande est grande.

Même si les prix font saliver les agriculteurs, le problème est que leurs silos sont, pour la plupart, vides. La récolte de 2020 a été écoulée dans les derniers mois.

«Nous aurions dû en garder plus dans nos silos, mais qui aurait prédit que ça monterait comme ça?», a ajouté Alexandre Cossette.

Si une partie du grain à être récolté dans les prochains mois a déjà été vendue cet hiver à un prix inférieur, les producteurs pourraient faire un profit intéressant si le climat s’y prête selon M. Cossette.

«Si dame Nature est de notre côté et les prix restent hauts, ça pourrait être une saison record en termes de rentabilité.»

Denis Couture doute toutefois que la situation reste ainsi. «On espère que le marché va tourner à notre avantage, mais ça finit toujours par redescendre. Je pense que le marché va se rééquilibrer quand les récoltes vont arriver.»

Cette flambée des coûts aura un impact sur le coût du panier d'épicerie. Nourrir les bêtes coûtera plus cher et la différence pourrait se faire sentir dans les prochains mois selon le professeur Charlebois.

«Le porc a déjà monté cet hiver. Mais là [il] faut s’attendre à ce que le poulet augmente aussi. La même chose va arriver avec le bœuf cet automne. Même le pain va se vendre plus cher. Probablement la hausse la plus marquée des dernières années», a-t-il noté.