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L’état d’urgence ne peut durer éternellement

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Chose promise, chose due, l’été qui vient sera plus libre que le dernier, même s’il commencera quelques jours plus tard.

Après nous avoir, encore une fois, fait mariner pendant plusieurs jours dans un bouillon de ballons d’essai, de fuites contrôlées ou non et de spéculations journalistiques, François Legault semble aussi pressé de déconfiner qu’il fut jadis résolu à confiner. Le calendrier rapide, décliné en une série d’étapes résolues et décisives, risque de déplaire à Ottawa.

Apprendre que nous pourrons bientôt retourner au restaurant, puis nous réunir en petits groupes à l’extérieur le 28 mai et à l’intérieur le 14 juin, et même balancer le masque à la fin août, ça fait du bien. Avec la reprise annoncée des sports, c’est un beau pied de nez aux agitateurs de tout acabit qui ont voulu faire croire que les restrictions à nos activités deviendraient permanentes.

Leader pandémique

En espérant voir disparaître les paliers d’alerte de couleur à la fin août, le premier ministre donne l’impression d’être assez pressé de se défaire de ses responsabilités de leader pandémique pour pouvoir enfin utiliser le rapport de force qu’elles lui ont donné pour s’occuper d’autre chose. 

Le maintien prévu de l’urgence sanitaire donne toutefois l’impression que Frodon Legault hésite à détruire l’anneau de pouvoir. C’est Christian Dubé, son fidèle Sam Gamegie, qui a vendu la mèche, en disant hier qu’il faudrait reconduire l’état d’exception tant qu’un nouveau contrat de travail n’aurait pas été conclu avec les syndicats du secteur public.

Atteindre la limite

Plusieurs opérations liées à la pandémie, comme le dépistage ou la vaccination, mobilisent en effet des ressources financières, matérielles et surtout humaines qui sont déplacées en vertu d’arrêtés ministériels rendus possibles par l’état d’urgence. Il faut donc le reconduire ou le prévoir dans les nouvelles conventions collectives.

N’empêche, maintenir l’ensemble du Québec dans un état de mesures exceptionnelles octroyant des pouvoirs exorbitants pour le gouvernement, ça atteindra vite sa limite. Par ailleurs, annoncer son propre bluff en plein point de presse, ce n’est pas une stratégie très gagnante pour un gouvernement pressé de conclure une nouvelle entente avec ses syndicats.