/sports/opinion/columnists
Navigation

Bonne chance quand même au Canadien!

Patrick Roy
Photo d’archives Au printemps 1986, le Canadien avait aligné 10 joueurs recrues au cours des séries dont Patrick Roy qui avait reçu le trophée Conn Smythe pour son excellence.

Coup d'oeil sur cet article

C’est à compter de ce soir qu’on va voir si l’équipe modelée par Marc Bergevin peut causer des dommages dans les séries. Ils sont plusieurs à y croire. Pas seulement les partisans inconditionnels, mais des gens des médias aussi.

C’est vrai que les séries sont une autre saison et que tout y est possible. On l’a vu en ronde qualificative l’an dernier, lorsque le Canadien a empêché la bande de Sidney Crosby d’atteindre la ronde éliminatoire.

Mais, moi, je n’avais pas la foi. 

Je ne voyais pas comment une équipe qui était destinée à rater les séries pour une quatrième fois en cinq ans avant la pandémie pouvait tasser une formation talentueuse comme les Penguins.

Or, l’histoire courait que les Penguins avaient une peur bleue de Carey Price.

Leurs craintes étaient fondées.

Price a été prodigieux !

Il l’a été tout autant contre les Flyers, mais il lui aurait fallu bloquer toutes les rondelles en raison de l’appui offensif anémique que lui apportaient ses coéquipiers.

Les Leafs sous-estimés

Tout ça pour dire que ma perception n’a pas changé cette année. Je n’arrive pas à imaginer une victoire contre les Leafs, dont je prédis un triomphe en cinq matchs.

D’abord, je trouve qu’on les sous-estime pas mal, les Leafs. Cette équipe a beaucoup à prouver dans les séries cette année. Après quatre éliminations consécutives au premier tour et en ronde de qualification, elle doit aller beaucoup plus loin.

C’est une équipe différente que l’on a d’ailleurs vue en saison régulière.

Auston Matthews a atteint l’excellence. Il est en mission. Il déploie plus de hargne.

Mitch Marner a joué comme Mitch Marner.

John Tavares, William Nylander et Zack Hyman ont continué à amener de l’eau au moulin.

Pas si mauvais en défense

La défense n’est pas aussi mauvaise qu’on le dit. Elle s’est classée septième dans la ligue, alors qu’on retrouve celle du Canadien au 18e rang.

Le gardien Jack Campbell, qui a été deuxième toute sa carrière, a relevé avec brio Frederik Andersen.

Sheldon Keefe a pris la bonne décision en lui donnant le filet pour le premier match de la série contre le Canadien.

Price peut-il encore tout faire ?

Parlons du Canadien maintenant.

Carey Price est-il encore capable de transporter son équipe sur ses épaules ?

Dans quelle condition sera-t-il ?

Il n’a pas connu une grande saison.

Les mêmes questions se posent pour Shea Weber, qui, pas plus tard que la semaine dernière, tirait la rondelle d’un bras seulement. Il n’a repris l’entraînement que cette semaine, ce qui me porte à croire qu’il est loin d’être dans une forme optimale.

Brendan Gallagher revient d’une fracture à un poignet.

Il y a trop d’intangibles pour croire que le Canadien pourrait se farcir les Leafs.

Pourquoi laisser les jeunes de côté ?

Comment expliquer, par ailleurs, la décision de laisser de jeunes joueurs de côté au profit de vétérans qui n’ont pas montré grand-chose en saison régulière ?

L’avenir du Canadien ne passera pas par Eric Staal et Jon Merrill. C’est vrai que Jesperi Kotkaniemi a connu une saison difficile ; une autre, diront les amateurs qui sont en maudit de voir Brady Tkachuk dans l’uniforme des Sénateurs d’Ottawa.

Mais est-ce l’aider en le reléguant avec les Black Aces ?

Qu’est-ce qui trotte aussi dans la tête de Cole Caufield et d’Alexander Romanov ?

Caufield a le pif pour le filet.

Romanov est le défenseur de l’équipe qui frappe le plus.

C’est en jouant qu’ils vont apprendre et qu’ils vont acquérir de l’expérience dans les séries.

L’exemple de 1986

En 1986, personne ne croyait le Canadien capable de remporter la coupe Stanley. Cela n’avait pas empêché Jean Perron, lui-même un entraîneur-chef de première année dans la LNH, d’avoir eu recours au service de 10 recrues dans les séries.

Ces joueurs étaient les suivants : Patrick Roy, Claude Lemieux, que la direction avait laissé avec les Canadiens de Sherbrooke toute la saison pour casser son caractère, Stéphane Richer, Kjell Dahlin, Brian Skrudland, Mike Lalor, John Kordic, Steve Rooney, Randy Bucyk et Dave Maley, qui s’était amené avec l’équipe en fin de saison en provenance de l’Université Wisconsin, où a aussi étudié Caufield.

Comme Caufield, Maley fut le meilleur marqueur des siens avec 60 points en 42 matchs (24 de plus que Caufield avec six rencontres de plus). 

Dans la LNH, il était plus du type robuste qui picossait dans les coins de patinoire et devant le filet.

Il avait bien fait dans les séries, récoltant quatre points en sept matchs, dont le but égalisateur dans le deuxième match de la finale contre les Flames de Calgary, remporté en prolongation grâce à un but de Skrudland, après seulement neuf secondes.

Le Canadien a ramené la coupe à Montréal. Roy a mérité le trophée Conn Smythe et Lemieux avait été le meilleur franc-tireur du Canadien avec 10 buts, dont quatre victorieux.

Les jeunes avaient confondu les sceptiques.