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Ça prend des bras pour relancer l’économie

Ça prend des bras pour relancer l’économie
Joël Lemay / Agence QMI

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Le plan de déconfinement mis en place par le gouvernement Legault va enfin permettre à l’économie du Québec de revenir au fil des prochains mois vers la normale.

À la condition cependant que les secteurs de l’économie québécoise les plus éclopés puissent trouver la main-d’œuvre requise pour pouvoir se relancer d’aplomb.

Par rapport au niveau d’emploi de février 2020, soit juste avant d’être frappé de plein fouet par la pandémie de la COVID-19, il reste 157 200 emplois à récupérer dans les quatre secteurs les plus touchés par la pandémie. En voici la répartition.   

  • Hébergement et restauration : 89 700   
  • Information, culture, loisirs : 32 800   
  • Commerce de détail : 27 500   
  • Transport et entreposage : 20 600        

Réussir à pourvoir ces 157 200 emplois, il est là le grand défi économique du retour à la normale.

C’est bien beau vouloir rouvrir les restaurants, les salles de cinéma et de théâtre, attirer les consommateurs dans les boutiques, convaincre les Québécois de visiter les régions du Québec, réorganiser les activités culturelles et sportives, ouvrir les gyms... mais encore faudra-t-il compter sur une main-d’œuvre disponible.

Ça prend des « bras » pour faire tourner une économie à plein régime !

Quand on regarde le bassin de prestataires québécois qui sont sur l’assurance-emploi et la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), on devrait pouvoir combler une large portion des besoins de main-d’œuvre.

À la fin d’avril dernier, on dénombrait 296 400 prestataires d’assurance-emploi et des dizaines de milliers de prestataires de la PCRE. Cette Prestation canadienne de la relance économique vise les travailleurs non admissibles à l’assurance-emploi qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie du coronavirus, ainsi que les chômeurs qui ont épuisé le nombre de semaines de prestations régulières d’assurance-emploi. 

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:   

Trudeau trop généreux

Pour nombre d’employeurs, le montant relativement élevé des prestations offertes aux « travailleurs sans emploi » par le gouvernement libéral de Justin Trudeau pose un sérieux problème.  

D’ici le mois d’août prochain, les prestataires de la PCRE recevront un montant brut de 500 dollars par semaine. Ce qui équivaut, en passant, au montant minimal que les prestataires du régime d’assurance-emploi reçoivent.

Cela dit, à partir du début août, le gouvernement Trudeau réduira ladite Prestation canadienne de la relance économique à 300 dollars par semaine, et ce, jusqu’à la fin du programme, soit le 25 septembre.

Évidemment, une prestation gouvernementale de 300 dollars au lieu de 500 dollars s’avérera nettement moins « compétitive » par rapport aux offres d’emploi.

Et c’est tant mieux en cette période de pénurie de main-d’œuvre.

Vigoureuse reprise

Le déconfinement accéléré va permettre à l’économie québécoise de poursuivre à bon rythme sa croissance.

Les économistes Matthieu Arseneau et Jocelyn Paquet, de la Banque Nationale, prévoient que le Produit intérieur brut (PIB) nominal du Québec enregistrera cette année une croissance de 9,2 %. Ce qui est vraiment très élevé.

Mais avant de se bomber le torse, François Legault doit savoir que la performance économique du Québec risque de tirer de l’arrière par rapport à la performance canadienne de Justin Trudeau.

Les économistes de la Banque Nationale anticipent une croissance de 10,4 % pour l’ensemble du pays en 2021.

Du jamais-vu en 40 ans !