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La saison des asperges a pris de l’avance

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Les asperges sont arrivées en avance cette année au Québec en raison de la chaleur ressentie dernièrement, mais les producteurs ne crient pas encore victoire et doivent faire face à de nombreux défis. 

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Au champ d’asperges de François Blouin, producteur de l’Île-d’Orléans, les travailleurs étrangers temporaires ont récolté pour la deuxième fois dans la journée, samedi, des asperges prêtes à la consommation.

En raison de la chaleur, les asperges poussent vite, mais elles sont moins nombreuses. La température du mois d’avril a ainsi permis de devancer la saison, les asperges étant sorties de terre une semaine et demie à l’avance, début mai.

«Le sol s’est réchauffé et les asperges eux autres se sont réveillées et se sont dit: coudonc on va sortir, c’est prêt», a expliqué François Blouin.

Il y avait également eu une récolte hâtive en 2012, mais un gel au sol avait alors freiné les récoltes. Cette année, la saison a bien débuté et si tout se passe bien, les Québécois devraient pouvoir se procurer des asperges jusqu’à la mi-juin.

Le manque de pluie inquiète toutefois les producteurs, qui observent un phénomène de sécheresse dans certains champs québécois.

«Il y a un phénomène de sécheresse très généralisé dans la Capitale-Nationale et sur la Côte-Nord. Donc, les producteurs ont très hâte d’avoir de la pluie parce que la terre est en poussière», a indiqué Jacynthe Gagnon, présidente de l’UPA Capitale-Nationale–Côte-Nord.

Les différents tuyaux qui servent à arroser les plans peuvent être aperçus dans les champs de François Blouin pour faire face à ce problème, mais ce système d’irrigation n’est cependant pas accessible à tous les producteurs.

«Nous, c’est irrigué au goutte-à-goutte. Donc, il faut irriguer à peu près tous les deux jours. C’est une installation qui coûte assez cher», a précisé M. Blouin.

Et les défis sont encore nombreux cette année en raison de la pandémie de COVID-19, selon Jacynthe Gagnon, avec, notamment, les retards importants dans la livraison de certains produits nécessaires à la production, comme le fertilisant.

François Blouin est bien conscient des problématiques vécues par les autres agriculteurs et reconnaît qu’il n’est pas plus à l’abri.

«On est tributaire de la température. Je voyais des épisodes de grêle un peu chaque bord du Québec», a-t-il mentionné, précisant que la grêle peut obliger un producteur à recommencer à zéro.

Une des préoccupations du printemps a tout de même été réglée, avec l’arrivée des travailleurs étrangers indispensables pour les récoltes.

«Les travailleurs étrangers temporaires, c’est un dossier réglé. On est en bien heureux, mais c’est toujours un défi au niveau de la main-d’œuvre québécoise», s’est réjouie la présidente de l’UPA.

Et il n’y aura pas seulement les asperges en avance dans les étagères des épiceries, car les fraises de l’Île-d’Orléans devraient se retrouver dans les paniers des Québécois au début du mois de juin, deux semaines plus tôt qu’à l’habitude.