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La Dre Alexandra Bastiany: une précurseure en médecine

La Dre Alexandra Bastiany: une précurseure en médecine
PHOTO COURTOISIE

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La Dre Alexandra Bastiany est, depuis peu, la première femme noire à être devenue cardiologue d’intervention au Canada. Elle espère maintenant pouvoir servir de modèle et inspirer les plus jeunes.

«Je suis fière, et c’est un gros accomplissement. Je suis vraiment contente que je sois là pour les plus jeunes. Ça leur donne une preuve que c’est possible», a souligné d’entrée celle qui est maintenant cardiologue d’intervention au Centre régional des sciences de la santé de Thunder Bay, en Ontario.

C’est l’accomplissement d’un rêve pour la Dre Bastiany, alors qu’elle souhaitait devenir médecin depuis son enfance.

«J’ai toujours aimé les sciences et la biologie. C’est une passion qui est née très tôt. Ma mère était infirmière et elle avait plein de livres d’anatomie à la maison. Une partie [de ceux-ci] sont devenus mes livres de coloriage», a-t-elle révélé en riant.

Née à Montréal, de deux parents haïtiens, elle a obtenu son diplôme de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal en 2018, avant de suivre pendant deux autres années une formation en cardiologie d’intervention au Mazankowski Alberta Heart Institute.

Médecin spécialisé, le cardiologue d’intervention est amené à traiter certains problèmes cardiaques, tels que la maladie coronarienne, avec des procédures minimalement invasives.

La Dre Alexandra Bastiany: une précurseure en médecine
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La Dre Bastiany voyait la médecine comme un moyen de jumeler son amour pour la science et celui du public. Sa volonté d’aider autrui s’est d’ailleurs manifestée à la Maison d’Haïti, où elle a fait du bénévolat pendant huit ans, jusqu’à son départ de la province.

«Ça me permettait de travailler avec ma communauté, avec les gens et une cause qui étaient chers à mes yeux, a-t-elle relaté. Les gens de ma communauté, quand ils voient un médecin noir, il y a tellement d’émotions qui les habitent. Ils sont fiers et ils sont plus ouverts à entendre ce que je leur dis.»

Difficulté

«La première fois où je me suis rendu compte que les gens ne me voyaient pas de la même manière, c’est le jour où j’ai été voir l’orienteuse et que je lui ai dit que je voulais être médecin», a-t-elle indiqué.

Elle se souvient que l’orienteuse de son collège privé, au secondaire, lui avait demandé quels étaient ses autres choix, en l’encourageant à trouver quelque chose de plus réaliste. Mme Bastiany n’avait alors que 13 ans.

«C’était choquant de voir ça. Ce n’est pas des choses qu’elles disaient aux autres jeunes. C’est la première fois que j’ai été confronté à ma différence», a dit la Dre Bastiany.

La première fois, mais non la dernière. Pendant ses études en médecine, elle se rappelle avoir subi son lot de microagressions et de commentaires plus ou moins désobligeants.

«On me disait que mes cheveux étaient non professionnels. Il y avait tout le temps quelque chose qui ne marchait pas, a-t-elle illustré. C’est difficile quand tu rentres dans un milieu qui est très blanc et très uniforme.»

Néanmoins, tout n’a pas été négatif alors qu’elle a pu compter sur des mentors «extraordinaires» pour l’épauler et l’encourager lorsqu’elle doutait d’elle-même.

«Je pense que c’était super important d’avoir ce genre de support. Je veux maintenant être cette personne-là pour les étudiants en médecine qui se demandent s’ils peuvent y arriver», a-t-elle confié.