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Phil Mickelson écrit une page d’histoire

Le vétéran gaucher remporte le Championnat de la PGA d’Amérique

Le golfeur américain Phil Mickelson
Photo AFP Le golfeur américain Phil Mickelson

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En remportant le Championnat de la PGA d’Amérique dimanche à l’âge de près de 51 ans, Phil Mickelson a écrit une nouvelle page d’histoire de l’épaisse bible du golf. Jamais un golfeur de plus de 50 ans n’avait remporté un tournoi du grand chelem. C’est maintenant chose faite.  

Sur l’Ocean Course de Kiawah Island, le sympathique gaucher a soulevé l’imposant trophée Wanamaker une deuxième fois tout en savourant son sixième sacre majeur en carrière. Ce faisant, il a fait tomber la marque de Julius Boros, qui avait gagné le Championnat de la PGA d’Amérique à l’âge de 48 ans et 136 jours en 1968 sur les allées du club de golf Pecan Valley au Texas. 

Dans l’histoire, il dépasse Old Tom Morris et Jack Nicklaus, Hale Irwin, Lee Trevino et Ray Floyd, pour ne nommer que ces grands. 

Cette victoire historique est sa 45e en carrière. Sa dernière conquête d’un titre du grand chelem remontait à juillet 2013 alors qu’il avait embrassé la Claret Jug en conclusion de l’Omnium britannique à Muirfield, en Écosse. 

Moment incroyable

«Je crois depuis longtemps que je suis encore capable de performer à ce niveau. Il n’y a pas de raison pouvant expliquer que je n’en sois pas capable. Depuis un certain temps, je n’exécutais pas mon jeu comme je le voulais. J’ai reçu l’aide de beaucoup d’experts et des membres de ma famille», a raconté le golfeur après avoir signé sa carte de 73 (+1), ponctuée de cinq oiselets et de six bogueys. Il a finalement devancé Brooks Koepka et Louis Oosthuizen par deux coups. 

Mickelson a d’ailleurs raconté cette semaine qu’il jouait souvent 36 à 45 trous par jour pour s’entraîner et travailler sa concentration. Une recette qui lui a permis de revenir dans le cercle des vainqueurs dans une aventure qu’il chérira toute sa vie. D’autant plus qu’il était accompagné de son frère Tim comme cadet. 

«C’est un moment incroyable», a souligné l’homme, à bout d’énergie après quatre rondes éreintantes sur l’un des parcours les plus difficiles qu’il a affrontés en carrière. 

«C’est possiblement ma dernière victoire si l’on est réaliste», a dit le golfeur qui en était à sa 29e présence à ce championnat. «Mais je peux aussi avoir une autre chance. Nous le saurons dans les prochaines années. 

«Mon point, c’est que tout le monde peut gagner à un âge plus avancé. Il faut juste mettre l’effort et le travail nécessaire et prendre soin de son corps.»

Départ endiablé

Détenant une priorité d’un coup sur Brooks Koepka à l’aube de la ronde finale, Mickelson s’est retrouvé derrière son compagnon de jeu dès le premier trou, où il a commis un boguey. La guerre était déjà bien déclarée. 

Mais Koepka, double vainqueur du trophée Wanamaker en 2018 et 2019, s’est aussitôt effondré avec un désastreux double boguey au second fanion. Ce sont plutôt les poursuivants Louis Oosthuizen et Kevin Streelman qui ont menacé sur l’aller. 

Du moins, jusqu’à la normale 3 du 5e fanion, où «Lefty» a réalisé le coup de la journée depuis la fosse près du vert. Par une sortie fumante à 50 pieds de la cible, sa balle est disparue dans la coupe. 

Avec son sens aiguisé du spectacle, Mickelson a aussi rugi avec un oiselet au 10e fanion, passant le message à ses adversaires qu’il ne s’effondrait pas. Il a ainsi pris une priorité de quatre coups. 

Mais deux bogueys de suite, aux 13e et 14e, ont resserré l’écart et ajouté au suspense pendant que Koepka tentait d’orchestrer une remontée. Il a saisi l’occasion idéale de reprendre son avance au fanion le plus facile du parcours, la normale 5 du 16e

Il a ainsi consolidé sa marche vers sa victoire. 

Dans une scène frissonnante rappelant le retour en force de Tiger Woods au Championnat du circuit de la PGA à East Lake en 2018, Mickelson a émergé d’une marée de spectateurs dans l’allée du 18e, en direction du vert. 

Il avait rendez-vous avec l’histoire, prouvant aussi qu’il détient toujours sa place parmi les meilleurs joueurs au monde. Malgré son âge. Une victoire saluée et applaudie par ses rivaux, ses pairs et des légendes du golf.

En rafales 

«Lefty» n’aura donc plus besoin de cette exemption spéciale à l’Omnium américain disputé à Torrey Pine, en Californie, dans un mois. En plus d’un chèque de 1,98 M$, le champion mérite une exemption de cinq ans dans les trois autres tournois majeurs. C’est donc dire qu’il pourra participer au US Open jusqu’en 2026 prévu à Shinnecock Hills, l’endroit même où il avait ridiculisé l’Association de golf des États-Unis en 2018. 

Envahi par les spectateurs au 18e, Brooks Koepka a mentionné que l’un d’eux avait tenté de le blesser au genou. Se relevant d’une chirurgie au genou droit, il avait jusque-là réussi à bien tenir le coup sur l’Ocean Course. «J’ai été percuté à quelques reprises. Quelqu’un a aussi coincé mon cadet. Je ne sais pas ce qu’ils tentaient de faire. Il y avait tant de gens autour de nous», a relaté Koepka. 

Parmi les raisons expliquant qu’il n’a pu ajouter un troisième Wamanaker à sa collection, Koepka a offert un piètre rendement sur les verts en y perdant de précis coups sur ses adversaires (stroke gained: SG). En ronde finale, il a figuré au-delà du 70e rang à ce chapitre.

Bien peu d’experts auraient prédit un tel top 10 en début de journée hier. Les Irlandais Padraig Harrington et Shane Lowry ont effectué un bond de 19 rangs au classement chacun grâce à une ronde finale de 69 (-3). Ils ont grimpé à égalité au quatrième échelon avec Harry Higgs et Paul Casey en vertu d’un dossier de -2.

Abraham Ancer a quant à lui bondit de 50 rangs en signant la meilleure carte de la journée et du championnat, un 65 (-7), le faisant passer au huitième échelon à -1. Justin Rose, Collin Morikawa et Jon Rahm ont sauté d’une trentaine d’échelons en rejoignant le Mexicain.

Le jeune Will Zalatoris a ajouté un troisième top 10 à sa quatrième présence en tournoi majeur. 

Avec un top 10, Rickie Fowler a remonté au 101e rang mondial, quittant ainsi le 128e.  

Affichant un 73 (+1) en ronde finale, le Canadien Corey Conners a glissé au 17e rang. Il avait mené le tournoi à l’issue de la première journée, jeudi. Adam Hadwin a quant à lui terminé au 64e échelon. 

En mai 2022, le Championnat de la PGA d’Amérique sera disputé sur les allées du club de golf Southern Hills, à Tulsa, en Oklahoma.