/weekend
Navigation

Un roman d’anticipation qui décape

Jean-Pierre Charland
Photo Pierre-Paul Poulin Jean-Pierre Charland

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir publié plusieurs séries historiques à grand succès, l’historien et écrivain Jean-Pierre Charland s’est projeté dans un futur pas si lointain pour écrire un roman d’anticipation terrifiant, Après. Se déroulant aux États-Unis, ce roman montre un pays dévasté par une pandémie n’ayant laissé qu’une poignée de survivants. Et des survivants féroces qui n’ont plus aucune valeur et ne cherchent qu’à sauver leur peau. Et tant pis pour les autres. Accrochez-vous, Jean-Pierre Charland vous réserve toute une virée, dans un monde où le mot « survivalisme » prend tout son sens.  

L’aventure commence au Wisconsin, dans un futur proche. Elliot Lewis part camper, seul, après un divorce difficile. Il compte passer l’été au bord du Devil’s Lake avec son chien, Eugène, à lire des livres et manger des aliments lyophilisés.

Quand il sort de sa période de retraite pour trouver du travail et reprendre une vie normale, Elliot réalise que le monde a changé... pour le pire. Les rues sont désertes. Les champs sont en friche. Les maisons ont été abandonnées et leurs occupants sont morts. Une pandémie terrible a frappé et il ne reste que peu de survivants.

En quête d’armes et d’aliments, Elliot surprend une bande de pilleurs en flagrant délit de viol. Leur victime, Kate, prend la fuite avec lui. Ils squattent une maison abandonnée et, dotés d’assez de vivres pour tenir pendant plusieurs mois, réalisent qu’ils s’entendent plutôt bien.

Elliot veut rester à l’abri des voleurs et des tueurs, mais Kate veut réintégrer le monde. Elle réussit à rejoindre, grâce à une radio à ondes courtes, un groupe du Colorado qui se déplace vers le nord. Est-ce une bonne idée de vouloir les retrouver ?

Jean-Pierre Charland s’est bien diverti en écrivant ce roman d’anticipation où il est question d’un monde post-pandémique en déroute, de survie dans un univers dangereux au possible et de liens humains. 

<strong><em>Après</em></strong><br>Jean-Pierre Charland<br>Éditions Hurtubise<br>332 pages
Photo courtoisie
Après
Jean-Pierre Charland
Éditions Hurtubise
332 pages

Désordres politiques

L’écrivain rappelle qu’il a commencé à l’imaginer quand il était en 11e année, donc en 1970-1971. « Je travaillais à l’Institut de pêche scientifique, à Québec, et j’étais téléphoniste pendant l’été. Comme il n’y avait à peu près pas d’appels, je lisais les livres de la bibliothèque de l’Institut. Et je suis tombé sur un livre sur les conséquences d’une guerre nucléaire. On disait qu’indépendamment des destructions, le pire, ce serait les désordres politiques, après. Parce que tout ce qu’on connaît de l’organisation sociale disparaîtrait. »

« C’est exactement le roman que j’ai écrit sauf que, beaucoup plus tard, ce n’est plus la guerre qui nous inquiète, ce sont les pandémies. »

La Covid-19 a été l’élément déclencheur. « Je revenais de vacances et quand je me suis retrouvé confiné, j’étais en train d’écrire complètement autre chose. J’ai décidé de prendre une pause et j’ai fait ce roman pour me défouler, littéralement. Après, j’ai repris ce que j’étais en train de faire. Ça a été vraiment une réaction à la COVID. »

Le Midwest américain

L’histoire se passe dans les régions désolées du Midwest. « Si on veut raconter une histoire de désespérance, de désert, de danger, ça convenait beaucoup mieux de le mettre là que de le mettre en Californie ou au Québec », dit-il en précisant qu’un de ses frères a étudié l’agronomie dans cette région peu densément peuplée. 

Se passionne-t-il pour le survivalisme ? « Je suis né à la campagne, alors un fanal, les tentes et les sacs de couchage, c’est pas des trucs qui ne me sont pas familiers. J’ai voyagé de façon très sportive, au début », explique-t-il en précisant qu’il s’est mis à jour en ligne, question équipement, pour écrire le roman. 


En librairie le 26 mai 

EXTRAIT

« Puis il reprit son soliloque au moment où il entrait dans une petite municipalité :

– Devil’s Lake. Tu parles d’un nom pour un lac... Ou pour une ville.

Comptant un peu plus de sept mille habitants, l’agglomération se trouvait au nord du lac portant ce nom. On y arrivait par la route 19. Après un regard sur l’indicateur de son réservoir d’essence, Elliot s’arrêta à une station-service dans une rue nommée College Drive. Le pompiste, un vieil homme, était appuyé sur l’une de ses pompes, pris d’une quinte de toux. Il était affublé d’une salopette crasseuse et sa casquette portait les mots John Deere. » 


  • Jean-Pierre Charland est titulaire d’un doctorat en histoire et d’un autre en didactique.
  • Il est aujourd’hui professeur d’université à la retraite.
  • Il a publié plusieurs séries historiques à succès : Sur les berges du Richelieu, Les Portes de Québec, Les Folles Années, Félicité, Les Années de plomb, Le Clan Picard et La Pension Caron.