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Guy A. Lepage, le roi des trolls ?

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C’était, dimanche soir, le dernier épisode de Tout le monde en parle.

Que les aficionados ne s’affolent pas, il ne s’agissait pas du « der des der » comme on dit, mais du dernier épisode de la saison. Comme pour montrer la force de l’inertie ou celle de l’habitude, Radio-Canada avait déjà annoncé que l’émission reviendrait en septembre pour une 18e saison d’affilée.

Tout le monde en parle, dont on ne sait s’il s’agit d’une émission de variétés, d’affaires publiques ou même d’information, fait souvent parler d’elle après sa diffusion. L’épisode de dimanche fut précédé exceptionnellement d’un formidable coup de tonnerre ayant résonné dans tout le Québec. Luc Wiseman, l’un des coproducteurs de TLMEP, doit comparaître le 23 juin prochain pour répondre à cinq accusations criminelles, dont « contacts sexuels avec une mineure et possession de pornographie juvénile ».

ON PREND VITE SES DISTANCES

Guillaume Lespérance et Guy A. Lepage, les autres coproducteurs de l’émission, ont tout de suite pris leurs distances avec Wiseman. Ils ont précisé qu’il « n’avait jamais participé à aucune décision de TLMEP et n’avait aucune importance dans le projet ». Mais comment, pour employer les mots mêmes de Lepage, ont-ils pu « kicker out » celui qui est président d’Avanti et son seul actionnaire ? N’est-ce pas avec Avanti que le diffuseur a un contrat de production ?

Frais rasé, sur son trente et un dans un costume noir avec pochette rouge vin, Guy A. Lepage a ouvert le dernier épisode par une déclaration solennelle. Déclaration qu’il a terminée par son habituel vocabulaire de fond de cour en lançant : « Je suis en gros tabarnak ! » Qu’il soit à la radio ou à la télévision ou qu’il donne une entrevue à un journaliste, Guy A. Lepage n’a plus aucune retenue. 

Désormais, il s’en câlice et s’en contre-câlice. Il envoie chier les crisses d’imbéciles, les osti de minables et les trous de cul. Il se torche de ceux qui se zignent dans leur sous-sol. Il crucifie les connes et tous les caves qui cherchent à le backstabber. Cette délicieuse et pittoresque novlangue, Guy A. la pratique, la raffine et la répand aux quatre vents grâce à Twitter, dont il est un fidèle usager.

TORPEUR DE RADIO-CANADA

Par le truchement d’internet, il règle ses comptes avec la même vulgarité que celle de ses détracteurs, anonymes pour la plupart. Maintenant qu’il a quelques semaines de congé devant lui, Lepage pourrait bien, s’il s’y met, devenir le roi des trolls. Que ceux qui ne sont pas familiarisés avec le mot « troll » sachent que c’est ainsi qu’on nomme ceux et celles qui polluent l’internet par leurs messages provocateurs et malicieux, susceptibles de créer la controverse ou de semer la zizanie et la discorde.

Ce sont les trolls qui ont fini par avoir la peau plus sensible de Dany Turcotte, le fou du roi de TLMEP pendant 17 saisons. Prenant avec raison la défense de son collègue humoriste, Lepage avait alors vomi les trolls. Il les avait voués aux gémonies et les avait traités de tous les vocables tirés de son passé religieux. Depuis, il se déchaîne sur internet à un point tel qu’il pourrait fort bien devenir le plus visible et le mieux rémunéré des trolls du Québec.

À moins que les grands patrons de Radio-Canada ne sortent enfin de leur inexplicable torpeur à son endroit pour lui fixer des limites que n’importe quelle télévision publique qui respecte son auditoire aurait imposées depuis longtemps. 

Voici un échantillon des tweets que Guy A. Lepage a envoyés à ses détracteurs pendant le week-end.
Captures d’écran Twitter de Guy A. Lepage
Voici un échantillon des tweets que Guy A. Lepage a envoyés à ses détracteurs pendant le week-end.