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Les libéraux mitraillent le «tunnel de la CAQ»

Le projet qualifié de «farfelu» par Dominique Anglade a soulevé un vif débat mardi

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Les libéraux, qui ont milité pour un troisième lien aux dernières élections, sont désormais fermement opposés au projet de « tunnel de la CAQ » entre Québec et Lévis, qui a soulevé de vifs échanges au Salon bleu, mardi.

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Trop « énorme », « électoraliste » et « farfelu » : le Parti libéral du Québec s’opposera dorénavant au projet de « tunnel de la CAQ » entre Québec et Lévis, a fait savoir la cheffe libérale Dominique Anglade, lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

Une semaine après le dévoilement par le gouvernement Legault d’un concept de troisième lien qui pourrait coûter entre 6 et 10 milliards $, le PLQ a fait son nid. 

« Le tunnel de la CAQ, non, ne verra pas le jour sous un gouvernement libéral », a prévenu la cheffe de l’opposition officielle.

Plus tard au Salon bleu, le sujet a monopolisé les échanges. Les libéraux ont frappé en premier. « On avait Un tramway nommé Désir, maintenant on a un tunnel nommé délire. Le tunnel caquiste, il est irresponsable, il est surréaliste, il est rétrograde », a martelé Mme Anglade, en accusant la CAQ de ramener le Québec « dans les années 50 avec Duplessis ».

Projet « déconnecté »

À son tour, la cheffe parlementaire de Québec solidaire, Manon Massé, a qualifié le projet de tunnel de 8 kilomètres de « déconnecté », en ajoutant qu’il se résume à une « gageure perdante » de 10 milliards $ « pour 10 députés de la CAQ ».     

  • Écoutez l'entrevue d'antoine Robitaille avec Dominique Anglade sur QUB radio:

Attaqué de toutes parts, le premier ministre François Legault a tenté de défendre le projet promis par son gouvernement, en reprochant à Québec solidaire d’en avoir que pour Montréal. « Je comprends qu’elle a deux députés à Québec, mais on verra, l’année prochaine, combien il en reste, puis à ce que je sache, elle n’en a aucun dans Chaudière-Appalaches, puis ça va rester comme ça », a-t-il répliqué.

Le chef caquiste a servi le même genre de prédiction à l’opposition péquiste, qui demande également au gouvernement de faire marche arrière.

Projections

Interrogé par le député libéral Enrico Ciccone, le ministre des Transports, François Bonnardel, a laissé aux députés membres de la Commission des transports le soin de « définir si, oui ou non », le directeur du bureau de projet du tunnel Québec–Lévis pourra répondre aux partis d’opposition, comme le réclame le PLQ.   

  • Écoutez la chronique de l’analyste politique Sophie Villeneuve à QUB radio   

M. Bonnardel s’est également engagé à rendre publiques les modélisations qui permettent au gouvernement d’affirmer qu’entre 50 000 et 55 000 véhicules par jour circuleront dans le tunnel.

Il faudra toutefois attendre que le travail d’analyse soit finalisé afin de tenir compte des changements « apportés avec le réseau de voies réservées et le tramway », a-t-il indiqué.

CE QU'ILS ONT DIT 

Capture d'écran du site de l'Assemblée Nationale

« La cheffe de l’opposition officielle avait promis, lorsqu’elle a été nommée cheffe, qu’elle ferait de la politique autrement, qu’elle ne ferait pas juste chialer. [...] J’attends et je n’entends pas de proposition constructive. » –Le premier ministre François Legault

Capture d'écran du site de l'Assemblée Nationale

 

« Le projet du tunnel caquiste Québec-Lévis présenté par le premier ministre ne tient tout simplement pas la route. Aucune étude scientifique, aucune donnée, rien pour appuyer le choix. On recule dans les années 50 avec Duplessis. » –Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec 

LE PQ ET QS DÉNONCENT AUSSI LE PROJET 

« Est-ce que le premier ministre va admettre que son troisième lien, là, bien, c’est en train de nous amener dans le trou ? [...] L’obsession des nouvelles autoroutes est en train de nous ruiner, collectivement. Pendant que le premier ministre s’enfonce dans son tunnel, les routes qui sont déjà là tombent littéralement en ruines. » –Manon Massé, cheffe parlementaire de Québec solidaire 

« C’est l’histoire d’une mobilisation commencée dans une radio de Québec, reprise par la Coalition Avenir Québec qui flairait son intérêt électoral local et à court terme. Résultat des courses : un engagement à long terme pour 10 milliards. [...] Et sur quelle base ? Aucune étude environnementale, aucune preuve de congestion qui sera réduite, aucune donnée démontrant la nécessité. » –Pascal Bérubé, chef parlementaire du Parti québécois

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