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Peine exemplaire pour avoir fraudé sa mère Alzheimer

Le juge a envoyé la fille indigne réfléchir en prison pour une période de deux ans

Lynda Patricia Morinville
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin Lynda Patricia Morinville, 64 ans, au moment d’entendre son verdict pour fraude et vol de sa mère malade, le 14 avril dernier, au palais de justice de Laval.

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Une orthopédagogue de Laval a écopé d’une peine « exemplaire » de deux ans de prison pour avoir subtilisé plus de 125 000 $ à sa mère qui souffrait d’Alzheimer.

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« On est extrêmement satisfait du message que ça envoie, à une heure où nos aînés méritent largement d’être protégés. C’est une sentence exemplaire par rapport aux comparables », lance le procureur de la Couronne, Alexandre Dubois.

Lynda Patricia Morinville, 64 ans, a vu le juge Marc-André Dagenais lui imposer une sentence de 24 mois d’emprisonnement, mardi, au palais de justice de Laval.

À la mi-avril, celle-ci a été déclarée coupable d’avoir fraudé et volé sa mère malade, Carmen Buckley, pour au moins 127 000 $ entre 2010 et 2013, la privant de bons soins, alors qu’elle était en perte d’autonomie en raison de la maladie d’Alzheimer. 

Avec cet argent, Morinville s’est notamment payé une roulotte et un camion pour voyager.

« Ce montant est un minimum et l’accusée s’est certainement accaparé un montant encore plus important », est-il précisé dans la décision.

C’est en 2013 que le frère de l’accusée, Steven Morinville, a saisi l’ampleur du stratagème frauduleux de sa sœur, qui avait une procuration bancaire. 

Celui-ci a noté des anomalies en analysant les comptes, voyant que sa mère était sans le sou malgré l’héritage de son mari.

Crime « odieux »

« Le crime commis est grave, voire odieux », qualifie le juge Dagenais, en soulignant les conséquences qu’il a eues sur Mme Buckley en fin de vie, et causées que par « l’appât du gain » de sa fille.

« Une peine de détention importante est requise pour dénoncer à sa juste mesure ce crime », poursuit le magistrat.

Cette peine signifie la fin d’un long combat pour le fils de la victime, « satisfait » du résultat de sa démarche, et qui dit avoir eu du mal à être pris au sérieux, au départ.

« La police avait pris ma plainte, mais ne voulait pas enquêter. J’ai dû porter plainte en déontologie. C’est pour ça que ç’a pris tant de temps », rapporte-t-il au Journal.

Changement de mentalité

Pas moins de 8 ans plus tard, la fautive a aussi été condamnée au civil à rembourser 268 155 $ à la succession, dont 40 000 $ en dommages et intérêts. 

Puis la lourde preuve au criminel a permis de l’envoyer derrière les barreaux, donnant raison à l’homme de 52 ans d’avoir persévéré à chercher justice.

« [À l’époque], les gens ne considéraient pas que c’était un crime, c’était une “chicane de famille”. Je pense que l’attitude a évolué depuis », dit M. Morinville, qui espère que la cause servira à conscientiser la population face aux « trop nombreuses » fraudes dont les aînés sont victimes.