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Procès de François Asselin: l'accusé livre sa version des faits

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François Asselin, qui est accusé d’avoir tué son père, Gilles Giasson, ainsi qu’un collègue de travail, François Lefebvre, a parlé de sa consommation quotidienne de drogues, tentant d’expliquer les raisons de ses actes, mercredi, au palais de justice de Trois-Rivières.

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Il a passé toute la journée à la barre des témoins, notamment pour parler de sa consommation quotidienne de cannabis, de speed (métamphétamine) et d'ecstasy.

Dans son témoignage, il a passé de longues minutes à expliquer pourquoi il est convaincu que ses enfants sont drogués et agressés sexuellement. Pour lui, le fait que ses enfants aient des sueurs nocturnes, reniflent, se grattent ou écoutent leur grand-père plus que leur père sont des raisons évidentes de ses prétentions.

Asselin s’est rappelé plusieurs détails ayant conduit aux meurtres de Gilles Giasson et de François Lefebvre. Il a raconté que le 8 mai 2018, il est rentré chez lui à Trois-Rivières après avoir bu de la bière, fumé du cannabis et du haschich, inhalé du speed en poudre et pris de l'ecstasy avec un ami.

Chez lui, avec son père, il aurait consommé d'autres bières et fumé un joint. Selon lui, Gilles Giasson lui aurait alors avoué avoir agressé sexuellement ses enfants et avoir eu une liaison avec son ex-copine. M. Giasson lui aurait ainsi demandé de le tuer et d'aller sur le navire de croisière le Marina, amarré au port de Trois-Rivières, pour y chercher ses enfants, qu'il avait mis à bord dans une cage.

Une bataille mortelle pour M. Giasson aurait suivi. Après avoir tenté sans succès de monter à bord du navire, François Asselin aurait entendu ses enfants crier «papa» à partir du bateau, mais sans jamais les voir.

Découragé, il aurait quitté le port et a fini par rentrer chez lui, où un homme entièrement vêtu de noir lui aurait dit : «T'as bien fait, continue ta mission.» Selon lui, il s'agissait d'un tueur à gages venu liquider son père.

De retour dans le logement, l'accusé aurait versé une bière sur la dépouille de son père en récitant une prière. «C'était pour ne pas qu'il me hante», a-t-il dit. Il a ensuite raconté comment il l'a démembré et mis dans des sacs à ordures.

Des détails sur François Lefebvre

En après-midi, François Asselin a raconté les détails du meurtre de son collègue de travail François Lefebvre, survenu dans un motel de Sherbrooke le 18 mai 2018. Selon son récit, M. Lefebvre lui «tapait sur les nerfs» en l'appelant «babe» devant les clients.

L'accusé était convaincu que la victime connaissait ses enfants et qu'il les aurait agressés, ce qui, malgré toutes les enquêtes menées par les policiers, n'a pas été prouvé.

Au milieu de la nuit, après avoir consommé plusieurs bières et fumé quelques joints, Asselin a affirmé devant les jurés que la victime lui a dit : «Si tu t'endors, je te tranche la gorge.» L'accusé se serait alors levé pour le frapper, d'abord avec ses poings, puis avec un couteau.

Il a ensuite détaillé avoir enveloppé sa victime dans une couverture, l'avoir enroulée de ruban adhésif avant de placer la dépouille dans une enveloppe de matelas, puis de la déposer dans une boîte de carton. Il a ensuite livré la boîte à l'entreprise Ovation de Sherbrooke, où, selon lui, les policiers n'oseraient pas tirer sur lui devant témoins.

Le témoignage de François Asselin se poursuivra jeudi.