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Troisième lien: le ministre canadien de l'Environnement interpellé

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Illustration courtoisie

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Le projet de troisième lien nuira à l'environnement et Ottawa doit absolument le soumettre au processus canadien d'évaluation des impacts.

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C'est la position soutenue par le Centre québécois du droit environnemental (CQDE), qui a adressé une lettre à cet effet jeudi au ministre canadien de l'Environnement et du changement climatique, Jonathan Wilkinson. «Ce projet est susceptible d’engendrer des impacts environnementaux majeurs», martèle le CQDE.

Il est déjà acquis que le projet qui pourrait atteindre 10 milliards $ sera soumis au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) québécois, tel que le ministre des Transports, François Bonnardel, l'a confirmé. 

Maintenant, le CQDE soutient qu'Ottawa doit également se pencher sur la question. Il souligne que le ministre Wilkinson a le pouvoir de soumettre des projets à une évaluation d'impact environnemental si des préoccupations du public le justifient. 

Or, «le projet de tunnel autoroutier entre Québec et Lévis est sans contredit un projet qui soulève de vives préoccupations et inquiétudes au sein de la population de la région de la Capitale-Nationale, mais aussi dans différentes régions à travers le Québec», plaide le Centre.

On cite notamment les émissions de gaz à effet de serre produites par le trafic induit par ce nouveau tunnel autoroutier et les impacts environnementaux dans le fleuve Saint-Laurent.

«Dans l’éventualité où le gouvernement provincial demanderait l’aide financière du gouvernement fédéral, le CQDE invite ce dernier à fonder sa décision sur une évaluation rigoureuse des possibles impacts environnementaux et climatiques associés à ce projet.»

Le Canada doit s'assurer de respecter ses obligations en matière de changement climatique, insiste le CQDE, qui estime que le tunnel Québec-Lévis pourrait nuire à ses efforts.

En entrevue, la directrice générale du CQDE, Geneviève Paul, convient que les demandes de ce genre formulées au ministre sont souvent refusées. Mais elle estime que le projet, puisqu'il se situe dans le Saint-Laurent et que l'Agence d'évaluation d'impact du Canada compte faire une évaluation de l'ensemble du fleuve, mérite qu'on s'y attarde.

Projet non déposé

Au gouvernement fédéral, c'est le cabinet du président du Conseil du trésor et député de Québec, Jean-Yves Duclos, qui a réagi à cette demande du CQED par une déclaration écrite.

«Il est important de rappeler qu'aucun projet n'a encore été déposé par Québec auprès des autorités fédérales», a précisé Karl Sasseville, directeur des communications de M. Duclos. «Ceci dit, en vertu de son entente avec le gouvernement du Québec, l’Agence d’évaluation d’impact du Canada devrait recevoir l’avis de projet dès qu’il sera soumis au ministère de l’Environnement et de la Lutte aux Changements climatiques du Québec. Comme nous l'avons déjà dit, la réussite du test des évaluations environnementales sera essentielle à l'appui du gouvernement fédéral.»

Rappelons que Jean-Yves Duclos n'a pas accordé d'entrevue sur le projet de tunnel Québec-Lévis depuis qu'il a été annoncé officiellement par la CAQ, le 17 mai.

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