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L’intimidation au cœur d’un nouveau roman jeunesse... pas que pour les jeunes!

L’intimidation au cœur d’un nouveau roman jeunesse... pas que pour les jeunes!
© Julie Artacho

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L’animatrice et romancière Sandra Sirois a puisé son inspiration dans ses souvenirs d’adolescence, bien souvent sombres, pour son nouveau livre «Stella, qu’est-ce que tu fais là?» Entrevue avec l’auteure qui aborde l’intimidation, sans filtre, à travers l’histoire de son héroïne de 14 ans. En espérant que les choses changent pour mieux combattre ce fléau, tant chez les jeunes que chez les moins jeunes. 

Sandra, vos deux derniers romans s’inscrivaient dans le courant de la «chick lit» (humoristique et sentimental pour les femmes), alors que cette fois, vous vous adressez davantage à un public adolescent. Qu’est-ce qui vous a amenée à entreprendre ce virage?

C’est mon éditeur, André, qui m’a donné l’idée du livre. Au début, ça ne me tentait pas trop. Pendant mon adolescence, j’ai souffert en silence. Ça n’a pas été une période rose de ma vie. Mais à force d’y penser, j’ai trouvé un titre et j’ai créé un univers autour de mon personnage. Pour écrire, je dois m’inspirer de ce que je vois et de ce que je vis. Lorsque j’étais adolescente, je n’avais pas un livre comme le mien qui pouvait m’inspirer et me donner confiance en moi. Je suis vraiment contente de l’impact qu’il a eu, déjà. J’ai réalisé, au fil de mon écriture, que je pouvais faire une différence. Je voulais parler de la loi du silence, de la honte que peuvent vivre les victimes. Je veux qu’on comprenne pourquoi c’est si difficile de dénoncer, pourquoi les gens ont peur de ne pas être crus ou de ne pas être pris au sérieux.

Au cours des dernières années, plusieurs actions ont été réalisées pour combattre l’intimidation. Mais est-ce que l’adolescence est un peu indissociable de ce phénomène?

En fait, ça peut vraiment toucher n’importe qui. Des adultes ont lu mon livre aussi et se sont reconnus dans l’histoire de Stella. Je voulais défaire les stéréotypes autour de l’intimidation, car il ne suffit que d’une chicane, d’un événement anodin pour que ça dégénère. Avec les réseaux sociaux, les gens renvoient une image d’eux-mêmes qui ne les représente pas à 100 %. Stella a peur de dénoncer ses intimidateurs, car elle se dit que personne ne va la croire avec ses belles images et celles de ses amis. Mais les apparences peuvent être trompeuses... On a tous droit à l’intégrité et au respect, mais il faut parfois se battre pour y avoir droit. Les professeurs et les parents ne voient pas tout. Dès qu’on vit une situation d’intimidation, il faut tout de suite dénoncer, sans attendre.

Depuis que votre livre est sorti, quel impact a-t-il eu dans la vie des lecteurs et lectrices?

Les gens se voient beaucoup dans le personnage de Stella, en lien avec une situation d’intimidation vécue à l’école, au travail ou même en couple, avec la violence conjugale. C’est tellement d’actualité de parler de ça. Les victimes veulent se faire entendre, être comprises et avant tout se sentir appuyées. C’est notre responsabilité d’avoir assez d’amour envers nous-mêmes pour aimer les autres et les respecter. C’est un peu ça, la morale de l’histoire.

Le livre

La rentrée s’annonce particulière pour Stella Savoie. Non seulement ses parents viennent de divorcer, mais elle a déménagé dans un nouveau quartier et fréquentera désormais une école internationale huppée, qui n’a rien à voir avec la polyvalente de banlieue où elle a commencé son secondaire. Les premiers jours s’avèrent prometteurs. Stella accepte de se joindre au groupe des élèves les plus populaires. Mais tout bascule lorsque la jeune fille devient la cible de moqueries, de menaces et d’intimidation. Comment se sortira-t-elle de cette situation?

  • «Stella, qu’est-ce que tu fais là?» (Hurtubise), 14,99 $ en librairie ou 10,99 $ en version numérique.