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Larves de vie: Autofiction sur les bibittes intérieures

Christine Gosselin
Photo Chantal Poirier

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Son but était de se livrer avec sincérité et c’est ce que Christine Gosselin a fait avec Larves de vie. Un premier ouvrage d’autofiction dans lequel l’autrice use de métaphores et de prose pour présenter la réalité des gens aux prises avec certains troubles.

Christine Gosselin est née à Saint-Georges de Beauce, mais a dû déménager à Québec à l’âge de 5 ans lorsqu’elle fut diagnostiquée avec un diabète de type 1. C’est à l’hôpital, où la fillette passait beaucoup de temps, qu’est né son amour pour la lecture et l’écriture.

« J’ai appris à lire à l’hôpital, raconte-t-elle. Puis, je me suis toujours exprimée dans des cahiers de dessins qui se sont transformés en journaux intimes. » 

Sa facilité pour l’écriture l’a suivie et l’a aidée à mettre en mots les peurs, les grandes incertitudes et les questionnements l’empêchant – très tôt – de bien dormir la nuit. 

Aller vivre toute seule à Montréal à 16 ans et étudier le théâtre en anglais lui a permis d’accéder à une nouvelle façon de raconter des histoires : à travers des personnages qu’elle n’était pas. 

« Je trouvais que cela collait à une nouvelle identité que j’essayais d’avoir, confie-t-elle. J’essayais de me distancier de la fille de Québec qui, depuis très jeune, n’était pas bien dans sa peau. »

Dix ans de théâtre entrecoupés d’études en théâtre écriture et en journalisme l’ont menée, contre toute attente, à une carrière de journaliste sportive. 

« C’est là, dans la salle de nouvelles, que les bibittes sont ressorties, dans cet environnement où ça crie et où il se passe toutes sortes de choses. [...] C’est l’une des expériences qui m’a fait dire : il faut que j’écrive sur ce que je vis continuellement et que je gardais enfoui. »

Apprendre à vivre

Ces Larves de vie, ce sont les insectes choisis par l’écrivaine comme métaphores pour représenter sa vie avec l’anxiété et les troubles qui la rongent. 

« À travers un genre de journal intime, une jeune femme parle de problèmes personnels ou de problèmes de santé tabous dans la société en les représentant par différents insectes », résume celle qui écrivait d’abord pour elle-même avant de se rendre compte que son livre pourrait être source de réconfort. 

Son roman est partagé en quatre chapitres, comme quatre types d’insectes lui grugeant, depuis l’enfance, l’intérieur. Les fourmis de l’anxiété, les vers des troubles alimentaires, les punaises du mal dans sa peau (et de la mutilation) et la mante religieuse de l’infertilité, le chapitre le plus difficile à écrire pour la jeune femme. Quatre problèmes interreliés, telles des bibittes lui creusant la tête et l’empêchant de bien voir le monde.

« Je n’offre pas une solution ultime outre qu’il faut vivre avec ses bibittes », ajoute celle qui espère que son livre pourra aider les gens à mieux se comprendre ou à mieux comprendre leurs proches.