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Cellulaire au volant: «Mets-le dans la boîte à gants et conduis donc prudemment»

Une survivante du cellulaire au volant lance un cri du cœur aux conducteurs

Charlène Ramsay - Cellulaire volant
Photo courtoisie Quelques semaines après la collision qui a bien failli lui coûter la vie, Charlène Ramsay a rencontré les deux bons samaritains, Julie Demers et Laurent Dubois, qui l’ont retrouvée près de la route.

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Plus personne n’a d’excuse pour texter au volant de nos jours, s’insurge une survivante laissée pour morte sur le bord d’une route.

«Tu gâches une vie pour un cr*** de texto. Les gens ne réalisent vraiment pas les impacts du cellulaire au volant. Mets-le dans la boîte à gants et conduis donc prudemment», lance Charlène Ramsay, qui a frôlé la mort en juillet 2018, sur la route 116 à Victoriaville.

Happée par un chauffard qui textait en roulant, la jeune femme souhaite maintenant sensibiliser les gens à ne pas attendre qu’un drame survienne pour saisir les dangers de l'utilisation du cellulaire au volant. 

Sous la force de l’impact, son véhicule a été projeté à une centaine de mètres dans un champ. Même si elle portait sa ceinture de sécurité, la victime a été éjectée de sa voiture.

La voiture accidentée de la victime.
Photo courtoisie
La voiture accidentée de la victime.

Le conducteur fautif a pris la fuite, laissant Mme Ramsay pour morte. C’est grâce à deux bons samaritains, alertés par le vacarme de la collision, qu’elle a pu être retrouvée. 

Froissée comme du papier

«Je n’étais pas visible de la route, j’étais inconsciente, il faisait noir. Une chance qu’ils sont venus me voir. Sans eux, j’aurais des séquelles beaucoup plus importantes», explique-t-elle.

Charlène Ramsay a subi un traumatisme crânien et de multiples fractures. 

«Ma voiture était froissée comme une boule de papier. Je ne comprends pas comment j’ai fait pour être en vie.» 

Le conducteur négligent, qui s’est rendu par lui-même aux policiers le lendemain du drame, a depuis été condamné à un an de prison. Lors des procédures judiciaires, il a été révélé que l’accusé, Billy Bischof, conduisait à plus de 150 km/h et textait au moment de la collision frontale. 

«Si tu utilises ton cellulaire en conduisant, tu peux mettre ta vie en jeu. Mais ça détruit aussi celle des autres, celle des victimes, mais aussi de leur famille et amis », déplore la jeune femme, aujourd’hui âgée de 27 ans. 

Trois ans après, elle en a encore des séquelles: migraines intenses, douleur à une épaule, faible mémoire à court terme. Elle dit aussi avoir vécu beaucoup d’anxiété et des crises de panique liées au choc post-traumatique. Les symptômes se sont manifestés immédiatement après la fin des procédures judiciaires.

Impardonnable

«C’est comme si c’était à ce moment que j’avais réalisé que c’était grave, ce que j’avais vécu, qu’il m’avait laissée là pour morte et qu’il avait juste écopé d’un an de prison», explique Mme Ramsay.

Malgré tout, elle ne remet pas en cause la sentence. «Je suis contente qu’il ait fait de la prison. Mais je réalise que j’ai été chanceuse, je suis en vie», dit-elle. 

Pourtant, elle avoue ne pas se sentir prête à lui pardonner. 

«Le geste qu’il a posé est impardonnable. Il a essayé de me parler au palais de justice, je n’ai pas voulu. Trois ans après, je ne veux toujours pas. Ça ne me fera pas de bien», lance-t-elle. 

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