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«Le cellulaire au volant m’a enlevé mon père»

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«Regardez ce que ça fait, le cellulaire au volant! Ça m’a enlevé mon père, mon meilleur ami, le grand-père de mes enfants!»

Le père de Cindy Lyrette a été fauché mortellement il y a deux ans par un conducteur qui textait au volant. 

Le 24 août 2019, Yvan Lyrette, 60 ans, circulait dans la rue Principale, à Maniwaki, en Outaouais, au volant d’un AMC Spirit de couleur flamme. 

Une camionnette qui arrivait en sens inverse l’a heurté de plein fouet. La scène a été filmée par l’ami de M. Lyrette, installé sur le siège passager. Dans la vidéo visionnée par Le Journal, on voit le Dodge Ram noir bifurquer de sa trajectoire pour percuter la voiture de collection. 

Au moment de la collision, le conducteur fautif était distrait par son cellulaire, a noté la coroner, Me Joanne Lachapelle.

«L’enquête policière a démontré que le conducteur [de la camionnette] regardait son cellulaire pour avoir reçu des messages textes tout juste avant l’impact», a-t-elle écrit dans son rapport. 

Malgré cela, aucune accusation n’a été portée contre le chauffard, déplore Cindy Lyrette. 

«Ç’a été un choc d’apprendre qu’il n’y aura jamais justice pour ça. J’aurais aimé que le conducteur paie pour avoir fait ça», lance la femme de 40 ans. 

Mme Lyrette, qui, jusqu’à tout récemment, ne conduisait pas, a obtenu son permis il y a quelques semaines. À l’école de conduite où elle a suivi son cours, elle a été invitée à raconter le drame de son père aux autres étudiants. 

Y penser à deux fois

«C’était surtout des jeunes. J’espère en avoir convaincu quelques-uns, qui vont y repenser à deux fois avant de prendre leur cellulaire dans leurs mains en conduisant», insiste-t-elle.

Amateur de voitures, son père aimait bien se pavaner au volant de son AMC Spirit datant des années 1980. 

«Il aimait montrer comment son char était performant», évoque-t-elle en riant. 

D’ailleurs, elle reconnaît que son père roulait au-dessus de la limite permise juste avant sa mort. Mais si l’autre véhicule n’avait pas dévié, le drame aurait été évité, dénonce-t-elle.

La coroner a inscrit dans son rapport que M. Lyrette roulait à 84 km/h dans une zone de 50. Le véhicule de collection de la victime ne comportait pas de coussins gonflables.  

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