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Le français écrit au primaire malmené en raison de la COVID-19

La maîtrise de la grammaire et de l’écriture chez les élèves en a pris un coup, selon une étude réalisée auprès d’enseignants québécois.

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La pandémie a entraîné son lot de retards scolaires, mais au primaire, c’est surtout la maîtrise de la grammaire et de l’écriture qui en a pris un coup, selon une enquête réalisée auprès d’enseignants québécois.

Ces résultats sont tirés d’une étude sur l’impact de la COVID-19 dans le milieu scolaire, réalisée par une équipe de chercheurs de l’UQAM en partenariat avec le ministère de l’Éducation.

Près de 500 enseignants provenant de trois centres de services de la grande région de Montréal y ont participé en décembre et en janvier.

Les effets négatifs de la pandémie chez les élèves du primaire se font d’abord sentir au niveau de la grammaire et de l’écriture, selon les profs interrogés.

«Pour le primaire, il semble que la discipline qui ait été la plus impactée soit le français», a affirmé le chercheur principal de cette étude, Patrick Charland, lors d’un colloque visant à faire le bilan de cette année scolaire en contexte de pandémie.

Au secondaire, la pandémie a surtout eu des effets négatifs au niveau de la capacité d’attention et d’organisation des élèves, selon les enseignants interrogés.

Élèves plus faibles

Ces résultats démontrant l’impact négatif de la pandémie sur la maîtrise du français écrit au primaire concordent avec les conclusions d’une autre étude réalisée en janvier par Catherine Turcotte, Marie-Hélène Giguère et Nathalie Prévost.

Ces professeures au département d’éducation de l’UQAM ont interrogé 175 enseignants du primaire pour en savoir davantage sur les compétences de leurs élèves en lecture et en écriture en contexte de pandémie.

Les profs interrogés affirment que leurs élèves avaient des habiletés plus faibles à la rentrée que lors des années passées (de 71% à 78%) et s’inquiètent particulièrement de la maîtrise de l’orthographe grammaticale chez une majorité de leurs élèves.

En lecture, c’est la fluidité et la compréhension de longs textes qui les préoccupent le plus.

Ces conclusions permettent de nuancer les résultats obtenus au premier bulletin en février, affirme Catherine Turcotte. Selon les données du ministère de l’Éducation, les taux de réussite en français au primaire sont semblables à ceux obtenus l’an dernier.

«La note réussite ou échec qui nous est apparue en février, on se demande si on peut vraiment s’en réjouir», lance-t-elle.

«Les enseignants vont évaluer ce qu’ils ont eu le temps d’enseigner. S’ils ont fait du rattrapage pendant les trois premiers mois de l’année scolaire, ils n’iront pas mettre leurs élèves en échec sur des notions qu’ils n’ont pas eu le temps de voir en classe», explique Mme Turcotte.

Les difficultés en écriture peuvent s’expliquer par le fait que les activités interactives d’écriture et les travaux d’équipe ont été moins nombreux au cours des derniers mois en raison des mesures sanitaires, si bien que les enseignants ont dû se rabattre davantage sur les cahiers d’exercices, avance la professeure de l’UQAM.

Mme Turcotte est toutefois assez confiante et estime qu’il sera possible de rattraper ce retard. Elle s’inquiète davantage pour les élèves qui étaient déjà faibles avant la pandémie et qui ont accumulé encore plus de retard scolaire depuis un an.

«Ce n’est pas une très bonne période pour les élèves en difficulté», laisse-t-elle tomber.