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Cellulaire au volant: des conducteurs délinquants pris en flagrant délit à Montréal par nos photographes

Cellulaire au volant - Expérience MTL
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Il suffit de se promener sur les routes de la région de Montréal pour constater que plusieurs automobilistes ignorent ou choisissent d’ignorer les règles en vigueur concernant l’utilisation du cellulaire au volant.

Le Journal s’est inspiré de ce que la Sûreté du Québec a déjà fait: louer un autobus pour observer de plus haut et prendre en flagrant délit des usagers de la route qui textent, manipulent leur cellulaire ou même parlent en tenant sans scrupule leur appareil dans leurs mains. 

Dès les premières heures à parcourir les autoroutes et artères du grand Montréal, les photographes Martin Chevalier et Joël Lemay ont réussi à repérer de nombreux fautifs. 

Au total, ils ont croqué le portrait de 49 conducteurs délinquants pendant l’expérience de quelques jours. La plupart utilisaient illégalement leur appareil. Et une poignée d’entre eux avaient des comportements dangereux, comme écrire dans un bloc-notes au volant sur l’autoroute.

Surpris

Nos photographes étaient pourtant partis à une partie de pêche, doutant que le test s’avère concluant.

«Au début de l’expérience, on s’est dit: si on réussit à en prendre un ou deux aujourd’hui, on va être contents! Finalement, on a été surpris de voir à quel point c’était facile d’en trouver», s’étonne le directeur photo du Journal, Martin Chevalier.  

«On pensait que les gens avaient compris qu’ils ne doivent pas utiliser leur cellulaire au volant, mais, visiblement, non!» ajoute-t-il. 

Son collègue Joël Lemay, qui arpente les routes du grand Montréal pour le travail, s’est dit étonné de voir à quel point certains automobilistes prennent des risques en voiture. 

«J’ai l’habitude de voir des gens utiliser leur cellulaire, mais j’avoue qu’on a été témoins de trucs illégaux... beaucoup plus qu’on pensait», indique-t-il. 

La palme revient à l’homme qui mangeait une cuisse de poulet d’une rôtisserie, la boîte en carton sur les jambes.  

Malheureusement, cette scène rigolote (mais non sans risque) n’a pu être photographiée à temps. Nos photographes ont fait attention aux règles de sécurité routière. Ainsi, plusieurs situations flagrantes ont échappé à la lentille des photographes. 

«On a réussi à prendre en photo plusieurs personnes, mais on en a manqué autant qu’on en a pris, parfois même le double», insiste Martin Chevalier. 

Qu’il est bon d’avoir le cœur à la danse! Mais pas au milieu d’une autoroute. Cette dame a été aperçue les deux bras dans les airs, tenant son cellulaire à la main, sur l'A40, à la hauteur des Galeries d’Anjou, dans l’est de l’île.
Photo Martin Chevalier
Qu’il est bon d’avoir le cœur à la danse! Mais pas au milieu d’une autoroute. Cette dame a été aperçue les deux bras dans les airs, tenant son cellulaire à la main, sur l'A40, à la hauteur des Galeries d’Anjou, dans l’est de l’île.

Contrairement aux nombreux usagers de la route qui se cachent pour utiliser leur cellulaire, cet homme roulait sur l’autoroute 25, près de Laval, son téléphone dans une main, l'autre sur le volant.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Contrairement aux nombreux usagers de la route qui se cachent pour utiliser leur cellulaire, cet homme roulait sur l’autoroute 25, près de Laval, son téléphone dans une main, l'autre sur le volant.

Nos photographes ont d’abord aperçu cette automobiliste accro à son cellulaire sur le boulevard Crémazie Ouest, à Mont­réal, près de la rue Papineau. Ils l’ont suivie sur presque 1 km et, chaque fois que la circulation ralentissait, elle reprenait son cellulaire à deux mains et s’activait.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Nos photographes ont d’abord aperçu cette automobiliste accro à son cellulaire sur le boulevard Crémazie Ouest, à Mont­réal, près de la rue Papineau. Ils l’ont suivie sur presque 1 km et, chaque fois que la circulation ralentissait, elle reprenait son cellulaire à deux mains et s’activait.

Ce camionneur a plusieurs fois baissé les yeux sur l’appareil qu’il tenait d’une main alors qu’il roulait sur l’autoroute 40 Ouest, à Montréal, à la hauteur de la sortie Papineau.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Ce camionneur a plusieurs fois baissé les yeux sur l’appareil qu’il tenait d’une main alors qu’il roulait sur l’autoroute 40 Ouest, à Montréal, à la hauteur de la sortie Papineau.

Constatant que notre photographe Martin Chevalier l’observait alors qu’il touchait son téléphone installé sur un socle, cet automobiliste tournait constamment son regard dans notre direction. Il a néanmoins repris sa mauvaise habitude en manipulant son téléphone aussitôt qu’il a cru avoir le champ libre.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
Constatant que notre photographe Martin Chevalier l’observait alors qu’il touchait son téléphone installé sur un socle, cet automobiliste tournait constamment son regard dans notre direction. Il a néanmoins repris sa mauvaise habitude en manipulant son téléphone aussitôt qu’il a cru avoir le champ libre.

À un feu rouge, à l’intersection des rues Papineau et Louvain, cet homme a sorti son téléphone à rabat. Il semblait écrire un message sur cet appareil qui, pour ceux qui ont oublié ou qui n’ont pas connu cette génération de téléphones, nécessite d’appuyer plusieurs fois sur une touche pour sélectionner la bonne lettre.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
À un feu rouge, à l’intersection des rues Papineau et Louvain, cet homme a sorti son téléphone à rabat. Il semblait écrire un message sur cet appareil qui, pour ceux qui ont oublié ou qui n’ont pas connu cette génération de téléphones, nécessite d’appuyer plusieurs fois sur une touche pour sélectionner la bonne lettre.

Notre démarche  

Cellulaire au volant - Expérience MTL
Photo courtoisie

Le Journal s’est inspiré d’une tactique des policiers pour surprendre les conducteurs en pleine manipulation de leur cellulaire au volant. 

Après avoir loué un petit autobus, Martin Chevalier, directeur photo du Journal de Montréal, et Joël Lemay, photographe de l’Agence QMI (photo ci-dessous), ont arpenté des autoroutes et artères du grand Montréal. Le photographe du Journal Pierre-Paul Poulin a aussi participé à l’expérience pendant une journée. 

Conducteur désigné, Martin Chevalier a profité de la vue surélevée que lui donnait son véhicule pour signaler les usagers de la route fautifs qu’il repérait. À l’arrière, le photographe en poste, caméra à la main, tentait de prendre des photos de l'infraction.  

Pour les besoins de ce test, les photographes ont roulé 35 heures en cinq jours. Leur expérience à Montréal s’est tenue du 22 au 29 avril, en semaine.

Derrière les vitres teintées de l’autobus, Joël Lemay et Pierre-Paul Poulin ont pu immortaliser des dizaines d’automobilistes pris la main... sur le cellulaire.  

L’expérience a été effectuée à différentes heures de la journée, quand la circulation est plus dense. Certains moments étaient plus propices à l'observation du laisser-aller des usagers de la route, particulièrement aux feux rouges et quand il y avait de la congestion.

Documenter le problème

À Québec, le journaliste Nicolas Saillant et le photographe Stevens Leblanc ont répété l’expérience, qui s'est avérée tout aussi concluante. En une journée, ils ont photographié une dizaine de personnes parlant avec le cellulaire à l’oreille ou textant à deux mains.  

En utilisant un autobus, les policiers observent les conducteurs fautifs et leur collent ensuite une importante contravention.  

Si nous avons emprunté le modus operandi des policiers, notre objectif était bien différent. 

L’expérience visait avant tout à prouver que la problématique du cellulaire au volant est encore bien présente. Nous avons donc choisi de brouiller le visage des automobilistes surpris par nos photographes.

Notre dossier complet: