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Pas de remaniement caquiste en vue

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Capture d'écran TVA Nouvelles Les députés caquistes qui rêvent d’accéder au saint des saints risquent d’être déçus — il n’y aura pas de remaniement ce printemps.

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François Legault, avec son équipe, jouit tellement d’appuis stratosphériques dans les sondages qu’un remaniement ministériel ce printemps est complètement écarté. Il commence même à croire qu’une telle opération ne sera peut-être pas nécessaire d’ici l’élection.

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On aurait pu penser que le premier ministre serait tenté de brasser les cartes. Il aurait pu effectuer un remaniement tout juste avant l’ajournement des travaux parlementaires à la mi-juin. Les nouveaux titulaires se seraient familiarisés avec leurs dossiers durant l’été pour être prêts à affronter les questions de l’opposition l’automne venu.

Une nouvelle équipe aurait pu donner un second souffle en vue de l’année électorale qui approche.

Après tout, sa garde rapprochée avait momentanément jonglé avec la possibilité d’effectuer un remaniement pour l’automne dernier, avant de remiser ce scénario en raison de la persistante pandémie.

Ceux qui ont des aspirations dans les rangs caquistes ont connu une période émoustillante, mais ils risquent d’être déçus. 

Une information fiable ne laisse pas de doute, il n’y aura pas de transformation de l’équipe ministérielle à court terme.

  • Écoutez la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec, sur QUB radio:

Un levier de changement

Il est vrai que les premiers ministres utilisent généralement cette option coup d’éclat lorsqu’ils sentent le besoin d’envoyer un signal de redémarrage.

Dans son cas, François Legault flotte au sommet. Avec un récent score de 82 % de satisfaction, plausible qu’il se demande pourquoi changer la recette.

Il y a Jean-François Roberge, qui n’a manifestement pas dit la vérité au Parlement cet hiver, lorsqu’il a affirmé que la Santé publique avait « validé » le processus de test de la qualité de l’air dans les écoles. L’apparente tentative d’instrumentaliser l’organisation scientifique dont la crédibilité est essentielle en temps de crise donne des maux de cœur.

Le ministre avait-il une fine connaissance de la teneur des courriels échangés avec les représentants de la Santé publique ? Son sous-ministre est-il responsable de l’avoir mal aiguillé, et d’avoir mis de la pression sur les scientifiques ?

François Legault, lui, maintient que le ministre de l’Éducation s’est mal exprimé, qu’il s’agit surtout d’un malentendu et qu’il a bien agi pour assurer un environnement sain dans les classes.

Pour le reste, les élèves n’ont manqué de rien pour l’école à distance, et ils sont ceux qui ont le plus bénéficié d’enseignement en classe au pays.

La conclusion d’une entente négociée à la grande satisfaction des enseignants risque aussi d’alléger la suite de son mandat.

Si M. Legault souhaite le laisser en place, il en sera de même pour les autres ministres du noyau dur. Christian Dubé cartonne à la Santé, le tandem Girard-Fitzgibbon aux Finances et à l’Économie risque peu d’être délogé, tout comme Sonia LeBel au trésor.

« Il n’y a pas d’obligation pour nous de faire un remaniement, même avant l’élection », soutient une source gouvernementale. La stabilité a ses avantages dans l’actuel contexte de fin de pandémie et de relance.

Et les femmes ?

Même le fait que le cabinet ne soit plus paritaire hommes-femmes ne suscite pas de malaise en haut lieu.

On soutient qu’il y avait bien sûr cette « intention au début », que toutes sortes « d’événements » expliquent que le Conseil des ministres se soit éloigné de la parité, et qu’un remaniement ne saurait être justifié sur cette base.

Depuis 2018, MarieChantal Chassé, Sylvie d’Amours et Marie-Ève Proulx ont été éjectées, alors que seule Lucie Lecours a fait l’objet d’une promotion. François Legault pourrait toujours effectuer des « ajustements », si un ministre se retrouvait trop en difficulté ou devenait un frein à l’atteinte d’objectifs, comme il l’a fait depuis le début du mandat.

Mais dans l’état actuel des choses, il faudrait que le premier ministre voie son ciel s’assombrir pour sentir le besoin de modifier son équipe en profondeur.