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Semer le doute...

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Photo USA TODAY Sports Nick Suzuki a fait preuve d’un sang-froid remarquable dans la victoire du Canadien, jeudi soir.

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Le Canadien a-t-il semé le doute chez les Maple Leafs de Toronto ?

Peut-être.

Pour l’instant, le plus important pour le Canadien, c’est de répéter.

De répéter ce que les patineurs ont fait de mieux pour sortir de Toronto avec une victoire et un rendez-vous pour un sixième match contre les Maple Leafs. Ils ont fourni la preuve qu’ils pouvaient composer avec l’adversité. Après tout, ne dominaient-ils pas 3 à 0 à un certain moment ? Et, contrairement aux trois matchs précédents, ils ont réussi à surmonter les obstacles, ils ont puisé dans leurs ressources.

Le Canadien pousse l’adversaire dans une situation qu’il n’avait sûrement pas envisagée. Jusque-là, les Leafs s’amusaient comme larrons en foire. Ils accusaient un retard au tableau d’affichage, pas de problème ; cette équipe du Canadien réagit très mal face à l’adversité. Elle l’a montré en seconde moitié de saison, et, à part dans le premier match, les Leafs ont constamment entraîné les joueurs du Canadien dans les câbles.

Pire, chaque fois, il était évident que la troupe du Centre Bell n’avait pas cette volonté de payer le prix pour se sortir du bourbier dans lequel elle était empêtrée.

L’impensable...

Aux joueurs du Canadien de répéter ce qu’ils ont accompli, et ainsi de tourner le dos à l’adversité.

  • En fournissant un effort soutenu ;
  • En déployant l’énergie du désespoir ;
  • En entretenant l’idée que, parfois, l’impensable se réalise.

Il serait trop facile de s’emballer et de penser que l’on assistera à l’un des revirements les plus spectaculaires de ce tournoi de fin de saison. Certes, Nick Suzuki et Cole Caufield ont fait preuve d’un sang-froid impressionnant en s’évadant pour offrir une clinique sur l’art de passer la rondelle.

Caufield est avant tout un marqueur et l’on peut présumer qu’il allait prendre un tir. Sauf que Caufield l’a surpris non pas avec un tir... mais avec une passe à Suzuki.

De quoi soulever la passion des partisans du Canadien.

Suzuki a voulu remettre les pendules à l’heure après le match en parlant de l’impact que des vétérans comme Corey Perry et Eric Staal ont exercé au sein du groupe en parlant aux jeunes joueurs, leur rappelant qu’ils ont une chance inouïe d’accomplir un exploit unique et que ce n’est pas tous les ans qu’on a la possibilité de se démarquer.

Une surprise

Cette victoire remet tout en question.

Mais, attention, il y a plusieurs obstacles à contourner. Le Canadien a créé cette situation par son manque de conviction et par son incapacité à lutter avec acharnement, une qualité qui accompagne toujours les équipes dotées de grandes ambitions.

Toujours est-il que cette formation, si amorphe deux jours auparavant, soulevant la colère des partisans, a été méconnaissable devant des Maple Leafs tout aussi étonnés par la tournure des événements.

Maintenant, peut-elle maintenir le rythme ? Peut-elle disputer un match sans bavure, un match où les pièces du casse-tête tomberont aux bons endroits : Carey Price se dressant comme un mur devant l’attaque explosive des Leafs, la brigade défensive évitant les revirements, l’attaque et les joueurs identifiés (Anderson, Toffoli, Gallagher) embêtant le gardien Jack Campbell ?

Cette victoire de jeudi, contre toute attente, prolonge la série... mais elle n’assure en rien la participation du Canadien au deuxième tour. Elle laisse miroiter l’idée qu’un autre laissez-passer pourra lui être attribué, mais encore faudra-t-il prouver que la formation possède toutes les conditions gagnantes.

Les petits détails

Ça, c’est une autre histoire.

« Il faudra nous assurer que nous jouerons avec une attention particulière à tous les petits détails et que nous profiterons de cette soirée des retrouvailles avec nos partisans dans les gradins », disait Dominique Ducharme hier.

Bon point.

Peut-on stopper Auston Matthews et Mitch Marner ? On l’a fait.

Donc, il faudra répéter, mais, cette fois, avec 2500 partisans dans les gradins ; c’est déjà un avantage pour le Canadien. Également, le retour possible de Jake Evans et de Artturi Lehkonen donnera plus d’options à l’entraîneur.

Oh, il faudra s’assurer que ceux, chez le Canadien, qui doivent faire fonctionner l’attaque à plein régime auront fait le plein. Ça n’a pas toujours été le cas. Dans le passé, le Canadien a trop souvent tout détruit en offrant une contre-performance après une victoire amplement méritée...

Y a-t-il un doute chez les Leafs ?

Pour le moment, à peine, mais... 

Réflexions sur les séries 

  • Quelle histoire que celle d’Alexandre Carrier, un défenseur des Prédateurs de Nashville, ex-porte-couleurs des Olympiques de Gatineau, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec ! Après quatre saisons ou presque avec la formation de Milwaukee, de la Ligue américaine, les Prédateurs lui ont offert la possibilité de laisser sa marque. Il n’a pas raté l’occasion. Non seulement a-t-il gagné la confiance des décideurs de l’organisation, mais encore il appartient maintenant au top quatre chez les défenseurs. Dommage que Nashville ait subi l’élimination, mais Carrier aura relevé un défi de taille.
  • La dernière fois que les Islanders de New York et les Bruins se sont affrontés pendant les séries éliminatoires, Mike Bossy avait marqué les quatre buts gagnants de sa formation et, lors du quatrième match, il avait inscrit quatre buts. Les deux formations s’affrontent à partir d’aujourd’hui, une série qui pourrait bien nécessiter sept matchs. Les Islanders ont éliminé Sidney Crosby et les Penguins, et Anthony Beauvillier et Jean-Gabriel Pageau ont été des joueurs d’impact pour leur formation. Entre-temps, dans les moments les plus intenses, le trio de Patrice Bergeron, Dave Pastrnak et Brad Marchand tire toujours les marrons du feu. Les Bruins en sept.
  • Les Golden Knights de Vegas et le Wild du Minnesota disputaient un match ultime, hier, en fin de soirée. Les Golden Knights n’ont pas été trop impressionnants depuis le début de la série, à l’exception de Marc-André Fleury. Si jamais cette formation passe au deuxième tour du tournoi de fin de saison, il lui faudra être convaincante dans toutes les facettes du jeu. Ça n’a sûrement pas été le cas jusqu’à maintenant. Et le prochain adversaire est l’Avalanche du Colorado, que plusieurs considèrent comme la meilleure équipe du circuit.