/weekend
Navigation

Le nécessaire dialogue entre les femmes

GEN - FRÉDÉRIQUE CÔTÉ AUTRICE
Photo Martin Alarie L'autrice Frédérique Côté

Coup d'oeil sur cet article

Ce n’est pas un hasard si aucun homme ne prend la parole dans le roman Filibuste, de Frédérique Côté. Ce sont les relations mère-fille qui sont au cœur de ce que voulait – et continuera de vouloir – exprimer la jeune femme de 27 ans. 

Frédérique Côté a grandi sur la Rive-Sud de Montréal, puis a déménagé à Montréal pour étudier au cégep en arts et lettres. La titulaire d’un baccalauréat en littérature et d’une maîtrise en création littéraire a été élevée par des parents ayant longtemps travaillé dans le domaine de la télévision, ce qui lui a permis d’être initiée jeune aux plateaux. 

Aujourd’hui assistante-réalisatrice pour la télévision, son rêve est résolument celui d’une vie de création.  

« Filibuste, c’est vraiment la première chose que je mets dans le monde », dit celle qui a transformé la partie création de son mémoire en ce premier roman publié. C’est en effet pendant ses études en littérature que la jeune femme a eu l’étincelle de ce qui allait devenir Filibuste : partir d’un fait divers l’ayant marqué quand elle était enfant pour créer tout un monde autour de personnages féminins fictifs. 

La parole aux femmes

Filibuste, c’est l’histoire d’un père de famille victime – ou coupable – d’un fait divers. Mais c’est surtout cette histoire racontée par les femmes de sa vie, les victimes collatérales. Le tout entrecoupé de monologues de femmes. 

<strong><em>Filibuste</em></strong><br>Frédérique Côté<br>Le Cheval d’août<br>120 pages
Photo courtoisie
Filibuste
Frédérique Côté
Le Cheval d’août
120 pages

C’est donc le souper de famille d’un soir où la vie de tous déraille, et les réactions de chacune de ces femmes : La mère, inadéquate, et ses trois filles, Flavie, Bébé et Delphine. 

« Les filles passent un peu à côté de la vraie histoire et racontent leur vie à elles, dit-elle. C’était ma façon de laisser la parole aux femmes : en les laissant parler de leur vie ordinaire. »

Dans cette œuvre féministe, les femmes en ont long à dire ; sur leur relation avec leur mère, leurs amours, leurs doutes et leurs habitudes (dont le visionnement de téléréalité, ici Loft Story, une émission ayant littéralement marqué l’écrivaine). 

« Même si ce qu’elles font est de parler de téléréalité, c’est politique. La parole des femmes est politique, même quand c’est dans le potinage, même quand c’est autour d’un verre, c’est pertinent. »

Si son œuvre ne tend nullement dans l’autofiction, l’autrice avoue qu’on retrouve des bouts de sa vie dans la dynamique familiale qu’elle met en scène, dans les conversations de filles autour d’un souper et dans diverses petites obsessions qui sont les siennes, comme la pop culture, le rose de la page couverture et la nuance (« je trouve ça bien en ce moment, la nuance »).

« C’est admirable, des femmes qui sont drôles, qui parlent fort et qui n’ont pas peur d’être qui elles sont, ajoute celle qui espère que son roman fera réfléchir sur les relations mère-fille. Après cela, comment réconcilies-tu le tout avec le fait que cette femme est ta mère qui ne t’a pas nécessairement maternée... ? J’avais envie que ce soit un hommage en même temps qu’une critique des mères un peu défectueuses. Qu’on essaie d’être un peu plus compréhensives envers leurs qualités humaines. »