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Les exploits d’un jeune aviateur

PORTRAIT-HÉLÈNE-DE-BILLY
Photo Agence QMI, Dominick Gravel Hélène de Billy est journaliste. Elle est aussi écrivaine, conceptrice et réalisatrice de projets web et scénariste.

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La journaliste primée Hélène de Billy, dont le père était proche du pilote de bombardier Roger Coulombe (1920-2010), raconte avec une verve extraordinaire les exploits de ce Québécois pendant la Seconde Guerre mondiale dans son nouveau livre, Le Berlin Kid. Ce document fascinant, où l’on trouve des extraits du journal intime du pilote, raconte la vie du seul aviateur des Forces alliées à avoir réalisé 12 raids sur la capitale allemande.  

Né à Montmagny, Roger Coulombe a été quelque peu oublié, comme la grande majorité des aviateurs canadiens ayant participé à la campagne de bombardements sur l’Allemagne entre 1943 et 1945. 

Dans le tournant des années 1990, il a toutefois retenu l’attention du Canada anglais et de l’Angleterre, où de nombreux livres historiques font mention de ses exploits.

Pour la première fois en français, un ouvrage rend hommage à un aviateur canadien qui a changé le cours de la guerre. Hélène de Billy, dont le père était un proche du Kid, avait entendu parler de ses exploits et s’est lancée sur les traces de ce fascinant personnage.

<strong><em>Le Berlin Kid</em></strong><br>Hélène de Billy<br>Éditions Québec Amérique<br>272 pages
Photo courtoisie
Le Berlin Kid
Hélène de Billy
Éditions Québec Amérique
272 pages

Elle s’est rendue à Londres et à Berlin pour enquêter et a eu accès à des documents inédits – entre autres, le journal intime de Roger Coulombe, qui y consignait les détails de chaque mission. En tout, il en a effectué 30 au-dessus de l’Allemagne d’Adolf Hitler.

Un héros méconnu

Elle reconstitue, dans Le Berlin Kid, la vie et l’œuvre de ce trompe-la-mort, qui était aussi pianiste, amateur d’opéra et d’équitation et grand lecteur de Victor Hugo.

« Je me suis retrouvée avec un sujet que peu de gens ont abordé, y compris les historiens, confirme l’écrivaine, en entrevue. L’aviation, c’était quand même la crème de la crème. Les gars avaient des cours pendant deux ans et c’était l’aventure des aventures, même si c’était très dangereux. Mon père me disait souvent qu’on ne parlait pas suffisamment de nos héros. »

Hélène de Billy a découvert, en travaillant à son livre, qu’il y avait beaucoup de héros dans l’aviation. « C’était une gang d’idéalistes, en quelque part, mais en même temps, ce sont des jeunes hommes extraordinaires qui sont partis. Et il y en a qui sont morts. »

Un homme sensible

Elle ne s’imaginait pas qu’elle allait trouver le journal personnel de Roger Coulombe. De fil en aiguille, elle est entrée en communication avec un membre de sa famille qui le conservait précieusement. 

« C’est comme une mine d’or ! dit-elle. Un journal personnel, en français, c’est très rare. Jour après jour, quand il allait bombarder, il écrivait son journal. Je me suis retrouvée avec quelque chose d’extraordinaire. »

Ce héros était aussi un gars solide qui était super proche de ses émotions, a-t-elle noté, même s’il menait des missions meurtrières. 

« Dans son journal, au début, il pleure. Il a un gros chagrin parce qu’il a perdu son frère. Et à la fin de sa vie, dans sa correspondance, il dit qu’il est submergé par l’émotion. C’était un gars formidable, sensible ; un pianiste. Il était un être complet. »

Dans ses écrits, elle a pu observer qu’il s’exprimait aussi très bien en français. 

« Je trouve qu’il a une personnalité intéressante, avec plein de contradictions, mais qu’il l’assume. Oui, il est un héros. Il s’en défend un peu, il reste modeste. Il avait 22 ans et il était un meneur d’hommes. »   

EXTRAIT

« De retour de mission, Coulombe rencontrait les membres des services secrets. Il leur remettait le rapport en anglais, résumé dans le log book qu’il conservait dans la poche intérieure de son blouson. Une fois dans son petit lit de fer, il s’attaquait à son journal personnel, où il consignait, en français cette fois, les détails de chaque bataille. Depuis qu’il était en mission sur le terrain, il n’avait jamais manqué la rédaction d’un raid. Il débutait presque toujours de la même manière :

Ce soir, la target est Mannheim. J’entre dans la ville alors que deux bombardiers en feu périclitent sous mes yeux.

Ce soir, je suis allé à Berlin. Voyage assez calme. J’ai aperçu plusieurs chasseurs ennemis, mais dirigés vers d’autres bombardiers... » 


  • Hélène de Billy est journaliste et a obtenu une dizaine de prix et mentions.
  • Elle est aussi écrivaine, conceptrice et réalisatrice de projets web et scénariste.
  • Le Berlin Kid est son huitième livre.