/opinion/columnists
Navigation

Des politiciens imparfaits

Conf presse Mélanie Joly Pierre Fitzgibbon
Photos Agence QMI, Joël Lemay et Chantal Poirier La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et son adversaire dans la course à la mairie, Denis Coderre.

Coup d'oeil sur cet article

Pas facile de nos jours être un politicien. Nos attentes sont très élevées. Leurs paroles, leurs faits et gestes sont épiés, surveillés, analysés. Le moindre faux pas fait la manchette. Nous voulons qu’ils aient un comportement exemplaire.

Avec les téléphones cellulaires qui sont omniprésents dans nos vies, tout se sait, tout s’entend. La mairesse de Montréal, Valérie Plante, et son adversaire dans la course à la mairie, Denis Coderre, l’ont appris à leurs dépens cette semaine.

Une image vaut mille mots, bien difficile de nier l’évidence. L’une s’est fait surprendre à transgresser les règles sanitaires sur une terrasse et l’autre en train de manipuler un téléphone cellulaire au volant.

Des élus pris en défaut

Ils ne sont pas les premiers ni les derniers à se faire prendre en défaut. Des élus de tous les paliers politiques et de tous les partis ont un jour fait la manchette, que ce soit pour des paroles vulgaires et des gestes inadéquats en pleine Assemblée nationale, un voyage dans le sud en pleine pandémie, du harcèlement envers ses employés, un grand excès de vitesse, une conduite en état d’ébriété ou encore se retrouver nu devant les caméras.

Les Québécois sont prêts à passer l’éponge lorsque l’erreur est admise, que les politiciens présentent leurs excuses et assument leurs responsabilités. Mais quand l’erreur se répète, la mèche devient courte, pas seulement dans la population mais aussi au sein de leur équipe qui se retrouve éclaboussée.

Un comportement inadéquat de trop

C’est ce qui s’est passé cette semaine avec le député fédéral William Amos. Un mois après avoir été surpris nu devant son écran lors de la période de questions, voilà qu’il a été aperçu en train d’uriner pendant une séance virtuelle de la Chambre des communes.

Il a rapidement annoncé qu’il se retirait de ses fonctions pour chercher le soutien approprié mais il y a fort à parier qu’il ne sera pas de l’équipe libérale de la prochaine campagne électorale. Ses collègues pouvaient croire à une « distraction involontaire » la première fois, mais il a perdu toute crédibilité lors du deuxième geste inapproprié.

Les ministres et leur cabinet doivent également être prudents avec ce qu’ils écrivent dans leurs textos et courriels, puisqu’en tout temps ceux-ci peuvent être partagés et publiés. Jean-François Roberge et Geneviève Guilbault en savent maintenant quelque chose.

Bienveillance et convenance

Ceci dit, nos élus ne sont ni pires ni meilleurs, mais plutôt le reflet des électeurs. Nous sommes tous des humains et la perfection n’est pas de ce monde. Cependant, quand on fait le saut en politique, mieux vaut être à l’aise avec son passé, l’assumer, et prêt à vivre dans la plus grande transparence.

La conduite de nos élus doit être empreinte de bienveillance, de droiture, de convenance, de sagesse, d’honnêteté, de sincérité et de justice.

La population est exigeante et elle a raison de l’être.