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La météo malmène les producteurs agricoles

Le printemps n’a pas été facile pour les cultures jusqu’à présent

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Photo courtoisie, Nicolas Baron Zoé Bisaillon et Nicolas Baron, du Vignoble Domaine du Cap, à Acton Vale, pensent avoir perdu 90 % de leur récolte à cause du gel.

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Peu de pluie, beaucoup de vent, canicule puis mercure sous zéro : le mois de mai a malmené les cultures de plusieurs producteurs agricoles, causant d’importants dommages chez certains.

« On a eu du gel à plusieurs endroits en fin de semaine, et des températures au-delà de 30 degrés plus tôt dans le mois. C’est assez typique des mois de transition d’avoir des périodes chaudes et des périodes plus fraîches [mais] c’est peu fréquent d’avoir deux jours consécutifs sous le point de congélation », commente André Cantin, météorologue chez Environnement Canada. 

La plage de Verdun le 21 mai dernier alors qu’il faisait 31 °Celsius.
Photo Agence QMI, Joël Lemay
La plage de Verdun le 21 mai dernier alors qu’il faisait 31 °Celsius.

Les nuits de jeudi, vendredi et samedi ont été particulièrement difficiles pour les vignerons, qui ont dû alimenter des feux entre leurs rangées de vignes, actionner des ventilateurs, ou voler à basse altitude en hélicoptère au-dessus des champs pour tenter d’empêcher le gel. 

 « On a passé deux nuits à nourrir les feux et faire fonctionner la tour à vent. On estime qu’on n’a même pas 10 % de notre récolte 2021 sauvée », se désole Nicolas Baron, propriétaire du Vignoble du Domaine du Cap, à Acton Vale.  

En plus des grosses variations de température, le mois de mai a été « extrêmement sec », avec seulement 12,1 millimètres de pluie sur le territoire de Montréal : un nouveau record historique depuis les 15,2 millimètres en 1982, explique le météorologue. 

Mais la sécheresse ne se résorbera pas dans les deux prochaines semaines, prévient M. Cantin. Un été chaud, avec des températures moyennes au-dessus de la normale, est d’ailleurs attendu. 

Année bizarre

« C’est un peu bizarre cette année, on n’a pas de système météorologique qui apporte de la pluie sur tout le Québec. C’est très localisé. Des producteurs me disent que leurs semences ont germé, mais là ça ne bouge pas. Ça prend de la pluie », indique quant à lui Marcel Groleau, le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA). 

Si la plupart des maraîchers sont munis d’un système d’irrigation pour pallier le problème, les producteurs de céréales, eux, ne peuvent qu’espérer que la pluie s’en vienne, précise-t-il. 

« [Dans plusieurs régions], on a commencé la première coupe de foin et il n’y en a pas beaucoup. La moitié d’un rendement normal. Il est trop tôt dans l’année pour parler d’une situation de sécheresse, mais s’il ne pleut pas, ça va arriver rapidement dans certaines régions », poursuit le président.  

- Avec la collaboration de Geneviève Quessy, Agence QMI

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