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Les Québécois déresponsabilisés

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 Ce n’est pas un virus mais un syndrome. Appelons-le le « stacause » (c’est à cause). Il envahit nos médias, dépositaires de ce réflexe conditionné historique.

Exemple : l’orgie de détritus qui a défiguré nos parcs en leur donnant l’allure de champs de bataille au début du déconfinement alors que des hordes de gens – des jeunes en particulier, eh oui ! – c’est la faute à la pandémie.

Les autorités sanitaires (au sens du ramassage des ordures), les politiciens en campagne électorale, les policiers censés appliquer la loi et les règlements, une grande partie de la population, tous excusent les soûlards et autres défoulés de la pandémie.

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Car au Québec, on est pardonné avant d’avoir posé l’acte. Les explications sociales, psychologiques, mentales, raciales nous servent à déculpabiliser le comportement humain.

Faute aux autres

On est né dans un mauvais milieu, on a été maltraité par nos parents, on a même été trop aimé, donc étouffé, c’est la faute aux Anglais, aux curés autoritaires qui nous ont bourré le crâne de péchés, c’est la faute aux politiciens et juristes si l’on a trop de droits ou pas assez. C’est la faute aux hommes si les femmes sont si écrasées et si exploitées.

Bref, les Québécois ont toujours une porte de sortie quand ils se voient juger. D’ailleurs, on se rapproche du jour où un adepte de la rectitude politique proposera de rayer du vocabulaire le mot « juger », désigné à l’avenir par le « mot en J ».

« Tu te prends pour qui pour juger ? » est une phrase « made in Québec ». « C’est pas de ma faute » en est une autre. On vient de jeter l’anathème sur les réseaux sociaux à ma consœur, la journaliste d’enquête Marie-Maude Denis, pour s’être indignée du comportement de gens qui ont « bordélisé » les parcs de Montréal. Celle qui a dénoncé les mafieux et autres criminels y a goûté cette fois en violence verbale.