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3e lien: le Parti québécois dénonce «une espèce de copinage avec les électeurs»

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon
Photo d'archives, Stevens Leblanc Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon

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Déplorant l’aspect «pharaonique et ruineux» du projet de 3e lien, le Parti québécois revient à la charge en réclamant la création d’une agence des transports en lieu et place du ministère des Transports où «projets de transport riment avec corruption, collusion et patronage».

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«Dix milliards de dollars [pour le tunnel Québec–Lévis], c'est beaucoup d'argent, et ça fait plusieurs décennies au Québec qu’au ministère des Transports, projets de transport riment avec corruption, collusion et patronage», a déclaré plus tôt le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, pour justifier sa demande.  

Son parti a d’ailleurs déposé, en chambre, une nouvelle mouture d’un projet de loi mort-né sous la gouverne de Pauline Marois, en 2013.  

La pièce législative, qui était portée à l’époque par le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, visait la création d’une entité indépendante qui serait chargée de mener les grands projets d’infrastructure en transport.  

Alors qu’on assiste à un front commun des partis d’opposition contre le projet de tunnel Québec–Lévis depuis le dévoilement de son concept, le Parti québécois a décidé de pousser le bouchon un peu plus loin.  

«Copinage» et «collusion»

Lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale, le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, a déploré «l'aspect politique et partisan» qui transpire, selon lui, de la promesse du 3e lien, un projet «digne des années 1950», a-t-il répété.  

«C'est une forme de patronage gouvernemental, un favoritisme politique d'une autre époque. Une espèce de copinage avec les électeurs de la région de la Capitale-Nationale», a-t-il indiqué. 

Invité par un journaliste à préciser s’il croit que la Coalition avenir Québec trempe dans la corruption, M. St-Pierre Plamondon a apporté certaines nuances.  

«Collusion au sens électoral, où l'intérêt public est complètement évacué pour laisser place uniquement à des calculs électoraux», a expliqué le chef péquiste.  

«Il est temps que dans l'élaboration, la planification et l'entretien de nos infrastructures, on ait l'intérêt public des Québécois d'abord et avant tout, et non pas les intérêts partisans du gouvernement au pouvoir», a-t-il ajouté, en faisant valoir la proposition d’agence portée par son parti. 

Le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) s’est toujours opposé à la création d’une telle agence, sous prétexte que sa création risquerait d’entraîner des problèmes de gouvernance, sans réduire la dépendance aux firmes externes. 

Le PQ «désespéré», dit Bonnardel

«Le Parti québécois est désespéré», a réagi en chambre le ministre des Transports, François Bonnardel. 

«C'est de l'hypocrisie pure et simple», a-t-il ajouté, en observant que jamais le Parti québécois n’a reparlé de la création d’une agence des transports depuis que le projet de loi est mort au feuilleton. «Il n'a jamais cru à ce projet de loi», a-t-il suggéré. 

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