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La sainteté est-elle réservée aux femmes?

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Ainsi, donc, un groupe de sept jeunes femmes âgées de 27 à 39 ans, candidates à la mairie de villes importantes du Québec, lancent un cri du cœur. Elles désirent réinventer nos villes. 

Elles invitent d’autres jeunes femmes comme elles, « des femmes d’action, passionnées, motivées, intègres et humaines », à débarquer dans les hôtels de ville à travers le Québec. 

Elles signaient un texte, hier, dans Le Journal, « pour des villes dynamiques, prospères, attrayantes, belles et innovantes. Pour des villes justes, vertes, responsables et résilientes face aux changements climatiques ». Des villes à leur image et à leur ressemblance puisqu’elles sont femmes.

Et vlan pour les hommes qui ont dirigé les villes ! Il est vrai qu’elles oublient de mentionner que la mairesse de Brownsburg-Chatham a été arrêtée par la Sûreté du Québec pour avoir tenté de faire casser les deux jambes d’un opposant politique, comme l’a rapporté Le Journal la semaine dernière.

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Vertus partagées

Affirmer sa différence, c’est bien dans l’air du temps. Et pas besoin de s’affirmer féministe radicale pour croire à des qualités spécifiques aux femmes. Comme l’honnêteté, l’intégrité, l’humanité. D’où il faudrait peut-être comprendre que ces vertus ne seraient pas masculines ?  

Les hommes blancs, comme on le précise désormais dans nos contrées diversifiées, seraient porteurs de tares indiscutables. Ils seraient donc, dès leur naissance, machistes, racistes, violents, fourbes, irresponsables, veules et lâches. 

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Mais alors, comment expliquer les progrès réels et profonds de nos sociétés libérales démocratiques, dirigées par des hommes jusqu’à un passé récent, n’est-ce pas ? Ceux-ci n’ont-ils pas su instaurer une manière de vivre libre, égalitaire en droits, où la créativité, l’imagination, la science nous ont mis à l’abri des tyrannies politiques, comme celles que l’on observe dans les pays qui sont sous le joug de tyrans, religieux et politiques ?

Même si le mot « sainteté » est du genre féminin, il n’est pas forcément réservé aux seules femmes. D’ailleurs, qui peut prétendre, à moins d’être aveuglé par l’idéologie, que les hommes en général seraient condamnés à vivre avec les tares qu’attribuent tant de femmes à leur sexe dominateur ? 

Qualités masculines

En fait, nous sommes en train de reconfigurer les qualités masculines. Et de nier, en l’enfermant dans une construction délirante, la psychologie masculine. Qui rêve d’un monde sans hommes ? Qui souhaite remodeler les hommes selon les critères féminins, donc moralement et socialement inférieurs selon les avis stéréotypés des machos qu’on a raison évidemment de dénoncer ?

Les femmes ont été victimes des cultures archaïques. Mais, en Occident, elles ont hérité des idées du siècle des Lumières, donc des philosophes hommes. Ce qui leur a permis de s’affranchir grâce à des luttes épiques contre l’inégalité dont elles étaient victimes.

Désormais, nombre d’hommes sont à leurs côtés. Oui, les femmes subissent la violence conjugale, mais celle-ci, qui ne disparaîtra jamais, est en régression. Oui, les femmes sont plus exploitées sexuellement que les hommes. Mais encore ! 

Le climat anti-homme d’aujourd’hui ne nous mènera qu’au désastre. Car la guerre des sexes n’a pas d’avenir. Hommes et femmes y perdront leur vie, leur âme, leur dignité et leur équilibre mental. En ce sens, la poursuite du bonheur dépend à la fois des hommes et des femmes qui se respectent mutuellement.