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Laurentia: tout un défi pour Mario Girard

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À la tête du port de Québec depuis une décennie, son président et directeur général, Mario Girard, joue présentement sa carrière sur le controversé projet Laurentia, pour lequel une décision du ministre fédéral de l’Environnement est attendue pour le 10 juin.

Invité par la Chambre de commerce et d’industrie, hier, le grand patron du port a tenté une fois de plus de faire valoir les avantages du projet de 775 millions de dollars, à travers de nombreux propos qui surprennent.

Ainsi, M. Girard a expliqué qu’il voulait en quelque sorte faire contrepoids « pour ceux qui n’ont lu que les grands titres des journaux dans les derniers mois ». C’est comme s’il suggérait que les médias avaient été biaisés et avaient omis de bien informer les gens à propos du projet.

Le PDG du port devrait pourtant savoir que les médias ont fidèlement rapporté les conclusions du rapport préliminaire de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada. Cette dernière avait conclu, en novembre, que Laurentia aurait de multiples « effets environnementaux négatifs importants ».

Et ces conclusions ont été confirmées à nouveau au début de mai. Les mesures d’atténuation promises par le port, qui avait réclamé et obtenu un délai de trois mois après la publication du rapport préliminaire, n’y ont rien changé. 

La parole a également été donnée au port et au directeur du projet dans différents médias, dont Le Journal

Banaliser le portrait

M. Girard et le directeur principal du projet, Hugues Paris, donnent l’impression de vouloir banaliser tant l’impact du projet que le processus d’évaluation mené par le fédéral. Le patron du port affirme qu’« on parle essentiellement d’un nouveau bateau sur le Saint-Laurent par semaine ». Il faut ajouter que le contenu dudit bateau, soit plus de 700 000 conteneurs par année, devra ensuite circuler par train ou par camion, dans un secteur où la qualité de l’air inquiète en raison des activités industrielles.

Les dirigeants du port font de toute évidence le pari que les impacts économiques l’emporteront sur l’environnement. Mario Girard parle de « mouvance irréversible » et de « tendance globale forte ». Il oublie que la protection de l’environnement figure parmi les plus grandes préoccupations, où les discours des années 50 ne passent plus.