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Le Québec en deuil de son historien le plus populaire

Le grand vulgarisateur Jacques Lacoursière s’est éteint à l’âge de 89 ans

Jacques Lacoursiere
Photo d'archives En 2012, Le Journal avait photographié Jacques Lacoursière alors qu’il avait fait son entrée dans Le Petit Larousse.

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L’historien québécois de renom, auteur et vulgarisateur hors pair Jacques Lacoursière est décédé dans la nuit de lundi à mardi, à l’âge de 89 ans. 

M. Lacoursière a consacré sa vie à raconter le Québec à travers de nombreux ouvrages, séries radiophoniques ou télévisées qui lui ont valu plusieurs distinctions.

« Il aura été le meilleur de nos historiens, et ce, depuis toujours », lance avec émotion son ami de longue date, l’éditeur Denis Vaugeois, avec qui il a collaboré pour la publication des cinq tomes de l’ouvrage Histoire populaire du Québec, vendus à des milliers d’exemplaires. 

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:   

« Les plus grands succès en édition, dans le domaine de l’histoire, ce sont ses livres, poursuit M. Vaugeois. C’est lui qui avait les plus vastes connaissances et qui savait les transmettre. »

Jacques Lacoursière est né à Shawinigan, en 1932. Passionné de littérature, il a complété un baccalauréat en pédagogie avant d’être initié sur le tard à l’histoire par Denis Vaugeois, qui lui a enseigné alors qu’il était plus jeune que lui.

Jacques Lacoursiere
Photo d'archives

Un historien autodidacte

« Jacques était un autodidacte qui a appris directement dans les archives, où il a emmagasiné tellement de connaissances. Il ne perdait pas une minute », raconte l’éditeur.

Au début des années 60, les deux comparses férus d’histoire lancent avec Gilles Boulet le journal Boréal express, qui fut publié pendant une dizaine d’années.

Jacques Lacoursière collabore par la suite à plusieurs séries radiophoniques et télévisées, dont Duplessis, réalisée par Denys Arcand dans les années 70, qui connut un grand succès au petit écran. 

Il fut aussi l’un des principaux artisans en 1988 de l’exposition inaugurale du Musée de la civilisation, Mémoires, qui fut présentée pendant 15 ans dans la capitale.

Lorsqu’il racontait le Québec, Jacques Lacoursière s’intéressait autant aux détails de la vie quotidienne qu’à l’histoire des grands personnages. « Tout l’intéressait », dit M.Vaugeois.

Durant plusieurs années, l’historien a participé au Marché public dans l’ambiance du 18e siècle, tenu à Montréal. Costumé, il se faisait un plaisir de partager ses connaissances avec les visiteurs.
Photo d'archives
Durant plusieurs années, l’historien a participé au Marché public dans l’ambiance du 18e siècle, tenu à Montréal. Costumé, il se faisait un plaisir de partager ses connaissances avec les visiteurs.

Conteur hors pair, Jacques Lacoursière assure la narration de la série télévisée Épopée en Amérique, une histoire populaire, dans les années 90. « Il était extrêmement populaire. Quand on allait au Salon du livre, les gens s’agglutinaient autour de lui, voulaient le toucher », se rappelle Denis Vaugeois.

Son ami tient toutefois à souligner à quel point cet historien si populaire faisait preuve d’une grande simplicité. « Il répondait à toutes les questions, il était près des gens. Il aimait tout et tout le monde l’aimait », ajoute-t-il.

  • Écoutez le commentaire de Richard Martineau à LCN sur QUB radio:

Faire connaître l’histoire

Les hommages ont afflué de toutes parts, mardi, pour souligner la contribution exceptionnelle de l’historien emporté par la maladie d’Alzheimer. 

La ministre québécoise de la Culture, Nathalie Roy, a souligné comment M. Lacoursière a « fait découvrir l’histoire du Québec à des milliers de Québécois, petits et grands ».

Pour la Société historique de Québec, l’historien aura notamment « éveillé plusieurs générations de Québécois à la richesse de leur passé ». 

  • Écoutez la chronique d'Anaïs Guertin-Lacroix sur QUB Radio: