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Petite enfance: une éducatrice sur deux songe à quitter le métier

L’exode appréhendé pourrait arriver très bientôt

greve CPE
Photo d'archives

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Alors que la pénurie de personnel est déjà criante dans les garderies et CPE, près d’une éducatrice sur deux envisage de quitter la profession.

En effet, pas moins de 47 % des travailleuses de la petite enfance œuvrant en CPE ou en installations privées songent à changer de métier d’ici trois ans, révèle un sondage maison du mouvement Valorisons ma profession réalisé auprès de 3669 éducatrices de partout au Québec.

Et cet exode appréhendé pourrait arriver plus tôt que tard. Un peu plus du quart des répondantes qui envisagent de jeter l’éponge pensent changer de carrière dans la prochaine année.  

  • Écoutez la chronique politique de Rémi Nadeau, chef du Bureau parlementaire à Québec, sur QUB radio:    

Le salaire en cause

Les résultats de l’enquête d’opinion réalisée durant le mois de mai laissent peu de doutes quant aux raisons derrière ces départs anticipés. Pas moins de 93 % des éducatrices sondées souhaitent que leur salaire soit revu à court terme.

Avec une paye annuelle commençant à 32 000 $ et pouvant aller jusqu’à 42 000 $ au bout de dix ans de services, la rémunération apparaît également en tête des irritants du métier, suivie de près par le manque de reconnaissance de la profession.

Et la situation est encore plus dramatique dans les garderies en milieu familial. Près de trois responsables de service de garde sur cinq (58 %) envisagent de quitter le métier d’ici les trois prochaines années.

« Comparées à un concierge » 

Fondatrice du mouvement Valorisons ma profession, Élizabeth O’Farrell estime que les éducatrices, qui possèdent un diplôme d’études collégiales (DEC) en technique d’éducation à l’enfance, doivent être reconnues à leur juste valeur.

  • Écoutez la chronique de Sophie Villeneuve au micro de Geneviève Pettersen à QUB radio

La rémunération des travailleuses œuvrant auprès des tout-petits est loin d’être adéquate, selon elle.

Il y a plusieurs années, pour établir l’équité salariale, « on a été comparées à un concierge, rappelle-t-elle. On demande d’être considérées comme des professionnelles de la petite enfance, un peu au même titre que les professeurs sont les professionnels de l’éducation au niveau des écoles ».

Notons qu’une éducatrice qualifiée gagne entre 18,98 $ et 25,15 $ l’heure, tandis qu’une travailleuse de la petite enfance non formée touche entre 16,75 $ et 25,15 $ l’heure.

Mme O’Farrell ne s’explique pas l’écart entre le salaire d’une éducatrice de la petite enfance et celui par exemple d’une éducatrice spécialisée, également détentrice d’un DEC.

« Elles commencent à 25 $ [...] alors qu’elles ont le même nombre d’heures de formation sur les bancs d’école, le même nombre d’heures de stage. On fait sensiblement le même travail, même que des fois, nous les éducatrices à l’enfance, on joue le rôle d’éducatrice spécialisée ! » insiste-t-elle.  

Sondage maison du mouvement Valorisons ma profession auprès d’éducatrices en CPE et en installations privées (3669 répondants)

Envisagez-vous de quitter la profession d’ici les 3 prochaines années ? (3636 réponses)      

  • Oui : 47,4 %  
  • Non : 52,6 %   

Si oui, dans combien de temps ? (1710 réponses)      

  • Dans les prochaines semaines à moins de 3 mois : 7,1 %  
  • Dans les 3 mois à moins de 6 mois : 7,1 %  
  • Dans les 6 mois à moins de 12 mois : 14 %  
  • Dans plus d’un an, mais avant les 3 prochaines années : 71,8 %   

Parmi les choix suivants, que voudriez-vous qui change dans votre emploi, à court terme ? (3660 réponses)

(En choisir 2 que vous considérez comme prioritaires)  

  • Le salaire : 3418 (93,4 %)  
  • Des heures supplémentaires (pas en présence des enfants) pour le programme éducatif et la planification : 1265 (34,6 %)  
  • Du soutien professionnel (psychologue, psychoéducatrice, TES, TTS) pour le personnel et les enfants avec des besoins particuliers : 1416 (38,7 %)  
  • Une prime COVID : 1032 (28,2 %)  
  • Plus de vacances et de maladies : 902 (24,6 %)   

Sondage des milieux familiaux (687 répondants) 

Envisagez-vous de quitter la profession d’ici les 3 prochaines années ? (680 réponses)      

  • Oui : 57,8 %  
  • Non : 42,2 %   

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