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Plus de 500 milliards $ en dépôts qui dorment

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Cinq cent six milliards de dollars, voilà la colossale valeur des dépôts que les Québécois (particuliers, entreprises) laissaient traîner dans les coffres de nos institutions financières à la fin décembre 2020, soit 92,5 milliards de dollars de plus qu’en 2019.

Selon les données compilées par Statistique Québec, il s’agit d’une hausse spectaculaire de 22,4 %.

Alors que l’année 2020 fut marquée au fer rouge par la pandémie de COVID-19, les Québécois en ont manifestement profité pour « remiser » leurs économies en lieu sûr dans les caisses et les banques à charte.

  • Écoutez la chronique économique d’Yves Daoust, directeur de la section Argent du Journal de Montréal, sur QUB radio:

Et ce, malgré les rendements minables offerts sur les dépôts bancaires. Je vous rappelle que les dépôts à vue (encaissables en tout temps) ne rapportent présentement rien ou presque. Pour leur part, les dépôts à terme ne rapportent guère beaucoup plus, soit environ de 0,4 à 0,5 % pour le terme d’un an, de 0,6 à 0,75 % pour le terme de trois ans, de 1 à 1,10 % pour le terme de cinq ans.

Pour « apprécier » l’ampleur des dépôts que les Québécois détenaient à la fin de décembre dernier dans nos caisses et banques à charte, sachez que ces 506 milliards $ en dépôts représentent une augmentation de 108 % par rapport à 2010 (+ 263 milliards $ de dépôts) et une hausse de 277 % par rapport à l’année 2001 (+ 372 milliards $). 

Sur les 506 milliards $ en dépôts dans les institutions bancaires au Québec, les particuliers en détiennent pour une valeur de 276 milliards $, soit 54,6 % de la valeur totale. 

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:  

PARTICULIERS vs ENTREPRISES

La somme restante des dépôts (230 milliards $) appartient en bonne partie aux entreprises.

Constat important à noter. Durant l’année de la pandémie de coronavirus, les épargnants québécois ont déposé près de 30 milliards $ de plus qu’en 2019 et les autres déposants (surtout les entreprises), eux, quelque 63 milliards $.  

Comment peut-on expliquer ce phénomène ?

Je crois que les mesures d’aide financière (plus de 250 milliards $ au pays) mises de l’avant par le gouvernement Trudeau pour contrer les impacts négatifs de la pandémie ont généré un certain « enrichissement » chez nombre de particuliers et d’entreprises.

Cela explique d’ailleurs pourquoi, en pleine pandémie de COVID-19, les ménages se sont retrouvés avec une hausse appréciable de leur revenu disponible et d’épargne nette.

DESJARDINS vs LES BANQUES

Sur l’ensemble des 506 milliards de dollars de dépôts au Québec, les caisses Desjardins accaparent 32,2 %, soit 163,1 milliards $. Les six grandes banques à charte canadienne se partagent la presque totalité des 343 milliards $ restants. 

Chez les particuliers, Desjardins récolte près de 44 % de tous les dépôts accumulés dans les institutions bancaires faisant affaire au Québec.

Du côté des dépôts des entreprises et autres déposants, la part de marché de Desjardins est beaucoup plus mince, avec à peine 18,3 % de leurs dépôts.

PHÉNOMÈNE PANCANADIEN

Il n’y a pas qu’au Québec que la valeur totale des dépôts dans les institutions bancaires a significativement grimpé.

La hausse des dépôts en 2020 s’est élevée à 16,7 % dans l’ensemble du Canada, soit près de 6 points de pourcentage de moins qu’au Québec.