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L’émotion au tapis!

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Photo AFP Carey Price veut prouver qu’il est encore le meilleur de sa profession.

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Chapeau au Canadien pour sa spectaculaire remontée contre les Maple Leafs de Toronto ! Ça fait du bien de voir ça, mais tout est à recommencer dès ce soir et il faut maintenir l’émotion au tapis, car les Jets de Winnipeg ne seront pas une proie facile. 

Croyez-moi, c’est tout un défi de gagner un match numéro 7, puis d’amorcer une nouvelle série moins de 48 heures plus tard. Ce qui est rassurant, c’est que même si le Canadien perd le premier duel, une nouvelle confiance habite la troupe de Dominique Ducharme. 

Ducharme, Toe Blake ou Scotty Bowman aurait beau dire n’importe quoi, il n’y a pas un discours qui vaut les trois victoires en mode survie acquises par le Canadien contre la meilleure équipe de la division Nord. Maintenant, les joueurs savent qu’ils peuvent renverser n’importe quelle situation et ils n’ont besoin de personne pour leur dire. Ils se battront jusqu’au bout. 

Ce serait préférable toutefois d’amorcer la série le couteau entre les dents, car c’est facile après une victoire émotive dans un match ultime de baisser sa garde. C’est le piège qui guette la troupe de Ducharme.  

Le Canadien a racheté sa saison en dents de scie, et dans 20 ans, on parlera encore de cette remontée contre les pauvres Leafs. Après cet exploit, les joueurs ont le droit de croire en leurs chances de gagner la coupe Stanley, mais il faudra équilibrer intensité et discipline. 

Il faut aussi que Carey Price poursuive sur sa lancée. Je ne savais trop à quoi m’attendre de sa part et j’ai eu ma réponse. Il a été excellent lors des sept matchs, et plus la série avançait, plus il semblait confiant. 

Ses coéquipiers croyaient en lui. En prolongation, il donnait confiance à son équipe, et c’est dans ces moments que les joueurs préfèrent avoir un Carey Price devant le filet plutôt qu’un Jack Campbell. 

On ne peut rien reprocher à Campbell. Il s’est bien battu, mais c’est évident qu’il n’est pas de la trempe de Price. Le portrait sera différent contre les Jets et l’excellent Connor Hellebuyck. 

Duel de gardiens en vue 

Encore une fois, la série risque de se jouer devant le filet, et je ne m’attends pas à voir beaucoup de buts. Price est au sommet de sa forme, et Hellebuyck est le gagnant en titre du trophée Vézina. Il se classe parmi les meilleurs chaque saison en compagnie de Price, de Marc-André Fleury, d’Andrei Vasilevskiy et de Tuukka Rask. 

Ça sera intéressant de voir Price contre Hellebuyck, deux des meilleurs gardiens de leur époque, un peu comme dans le temps avec Patrick Roy contre Martin Brodeur. 

Price veut la victoire pour son équipe, mais il y aura une petite touche personnelle. Il voudra prouver qu’il est encore le meilleur, mais l’Américain de 28 ans est tout un compétiteur et il ne souffre d’aucun complexe. Il a amené les siens en finale de l’Association de l’Ouest en 2018 et il croit en ses moyens. Ça promet. 

Le leadership 

J’ai critiqué le leadership du Canadien la semaine dernière après le quatrième match et avec raison, mais les gars se sont levés. On a vu le pire, puis le meilleur du Canadien. C’est un effort d’équipe et Corey Perry n’est pas étranger à cette remontée. Quelle acquisition de Marc Bergevin ! 

J’ai des fleurs pour tout le monde, aujourd’hui, mais particulièrement pour Dominique Ducharme, Nick Suzuki, Cole Caufield, Jesperi Kotkaniemi et ma surprise à l’arrière, Ben Chiarot. Et évidemment, Carey Price.  

Entrefilets 

Pauvre Maple Leafs !

C’est quand même incroyable, ce qui arrive aux Maple Leafs. Chaque année, on améliore la formation, mais on n’arrive pas à gagner une série. Ils sont comme les anciens Capitals de Washington, et personne ne va les prendre au sérieux tant qu’ils n’auront pas fait un bout de chemin en séries. Ils sont moins vulnérables défensivement, mais ils devront se dénicher un gardien de premier plan. D’après moi, c’est terminé pour Frederik Andersen à Toronto. Leurs vedettes devront éventuellement faire changer les choses, comme l’ont fait Mario Lemieux, Sidney Crosby et Alexander Ovechkin. Ça risque de brasser à Toronto cet été. 

À quoi pensait DeBoer ?

Je suis tombé sans connaissance, dimanche, lorsque j’ai vu Robin Lehner devant le filet des Golden Knights de Vegas, lors du premier duel de la série contre l’Avalanche du Colorado. À quoi pensait l’entraîneur Peter DeBoer ? Fleury est en feu depuis le début de la saison et depuis le début des séries, il gagne un septième match contre le Wild et tu ne le fais pas jouer dans la première partie d’une série contre la meilleure équipe de la ligue ? Pourquoi ? Pour le reposer ? C’est n’importe quoi. Je peux vous jurer que Fleury n’avait pas besoin de repos. Ils avaient deux jours de congé avant le match numéro 2. Tabarouette, Bruce Boudreau, sors du corps de Peter DeBoer ! En plus, DeBoer a dit que c’était la chose à faire après un revers de 7 à 1. Incroyable ! Incapable d’admettre son erreur. Encore un manque de respect envers Fleury ! Une décision pitoyable. 

Jake Allen contre les Jets ? 

Imaginez que Dominique Ducharme utilise Jake Allen, ce soir, à Winnipeg, pour que Carey Price se repose. Ça serait insensé. Pourtant, c’est exactement ce qu’a fait Peter DeBoer en utilisant Robin Lehner plutôt que Marc-André Fleury. Je sais qu’amorcer une série 48 heures après un septième match est difficile, mais quand même. Qui sait ? Peut-être que Fleury aurait tenu le pointage à 0 à 0 après 20 minutes, mais c’était déjà 2 à 0 après la première. Avant le match d’hier, les Golden Knights se retrouvaient avec la mission de battre une formidable équipe quatre fois en six rencontres. Toute une commande ! En passant, Nathan MacKinnon est incroyable.

Propos recueillis par Gilles Moffet