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Pour l’apprentissage des langues autochtones à l’école

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Je me permets une proposition toute simple, mais qui pourrait être structurante d’un nouveau pacte avec les nations autochtones : l’apprentissage d’une ou des langues autochtones à l’école québécoise.

On parle beaucoup de langue ces temps-ci à travers le projet de loi 96. 

On en fait un combat pour le français, chose à la fois vraie et incomplète. Certes, on défend le français pour nous-mêmes, mais aussi pour la diversité des langues parlées à travers le monde. Un combat universel, en somme. 

Le fil conducteur de notre histoire est celui d’un peuple qui craint sa disparition. Les peuples autochtones partagent, à plus forte raison, cette même crainte reliée à la survivance et à l’acculturation.

Alors que différentes langues autochtones disparaissent et dépérissent, des complicités peuvent se créer entre les Québécois et les onze nations autochtones.

Il devient nécessaire de créer un dialogue de nation fragile à nation fragile, d’établir des alliances entre colons et colonisés, hors de la gouvernance canadienne, hors des interactions coloniales et marchandes. 

L’école constitue un espace tout approprié où les premiers jalons d’une nouvelle complicité pourraient être posés.

Conscience

Nous pourrions, par le langage, initier les jeunes Québécois aux réalités autochtones. Faire comprendre que les langues peuvent trépasser. Ne pas déconstruire notre histoire, mais plutôt l’inscrire dans l’histoire longue, soit avant l’arrivée de Jacques Cartier dans l’embouchure du Saint-Laurent. 

Apprendre l’existence des pensionnats, à laquelle nous sommes confrontés ces jours-ci. 

Et surtout sortir de ce rapport de supériorité auquel l’école pouvait contribuer à travers l’enseignement de clichés simplistes, tels que les « Amérindiens » qui se déplaçaient en canot, qui habitaient des maisons longues et faisaient du troc, ce qui a constitué l’essentiel de mon enseignement reçu il y a à peine dix ans.

Au lieu d’occulter le fait autochtone de notre histoire, nous devons le faire réapparaître dans nos consciences. 

Par fraternité, par réel désir de justice et réconciliation, par une nouvelle façon de dire Kwe à nos compatriotes.