/sports/opinion/columnists
Navigation

Une victoire qui change tout

HKN-HKO-SPO-TORONTO-MAPLE-LEAFS-V-MONTREAL-CANADIENS---GAME-SIX
Photo AFP Le Canadien a gagné ses trois derniers matchs, un fait rare cette saison.

Coup d'oeil sur cet article

Ce qu’une victoire en ronde éliminatoire peut faire. Il y a une semaine, l’avenir de Dominique Ducharme avec le Canadien était sombre. Marc Bergevin avait la tête sur le bûcher. Mais depuis lundi soir, tout ça est de l’histoire ancienne. Carey Price a changé la donne.

Ducharme est assuré de son poste. Il n’est plus entraîneur intérimaire. Bergevin en fera l’annonce à la fin de la saison. Lui-même obtiendra probablement une prolongation de contrat.

Il y aura des objections, mais c’est Geoff Molson qui a le dernier mot.

Pour calmer le jeu, il faudrait que le Canadien remporte la coupe Stanley. Ce qui n’est toujours pas dans les astres pour le moment.

Il y a de sacrées bonnes équipes au sud de nos frontières.

Pensons au Lightning, aux Bruins qui sont là année après année, aux Islanders, aux Hurricanes et, bien sûr, à l’Avalanche et aux Golden Knights.

Les chances sont là

Mais tenons-nous-en à la série qui commence ce soir à Winnipeg.

Le Canadien a-t-il des chances ?

Bien obligé de dire oui après ce qu’il nous a montré lors des trois derniers matchs de la série contre les Leafs.

On n’insistera jamais assez sur la contribution de Price. Mais d’autres joueurs se sont mis aussi en évidence dans les moments critiques.

Nick Suzuki a marqué en prolongation le but qui a permis au Tricolore de prolonger la série au-delà du cinquième match.

Dans le sixième duel, c’est un autre jeune, Jesperi Kotkaniemi, lui aussi avec un but en prolongation, qui a provoqué la présentation d’un septième match.

Deux vrais

Lundi, Brendan Gallagher ne pouvait choisir un meilleur moment pour inscrire son premier but de la série. On s’entend pour dire que Jack Campbell s’est fait passer un sapin, mais qu’importe.

Ça arrive aux meilleurs gardiens.

Lorsque Corey Perry a porté le pointage à 2 à 0, les Leafs ont perdu leurs dernières illusions. Ils étaient cuits.

Après le match, on a vu un Gallagher arborant des coupures au visage répondre aux questions de Renaud Lavoie.

Une image typique dans son cas.

Steve Bégin était comme lui, les talents de marqueur en moins.

Gallagher est déjà magané à 29 ans.

Que restera-t-il de lui à la fin de son prochain contrat dans six ans ?

Chose certaine, on pourra dire qu’il en aura donné pour chaque centime de son salaire.

C’est un vrai.

Comme Perry qui fait toujours les bonnes choses, même quand il ne marque pas.

On peut en dire autant de Phillip Danault, qui a muselé Auston Matthews dans toutes les facettes de son jeu.

Eric Staal, mine de rien, a amassé quatre mentions d’aide face aux Leafs. Il a été efficace.

J’arrête sinon vous allez dire que je les trouve tous bons.

Autre victoire en sept matchs

Sont-ils assez bons pour vaincre aussi les Jets de Winnipeg ?

Ma première réponse quand mon collègue Louis Butcher m’a demandé mes prédictions pour les séries de deuxième ronde a été de prédire une victoire des Jets en six matchs.

À mon réveil hier, j’avais changé mon fusil d’épaule. Je me suis dit : « Et tiens ! Pourquoi je ne favoriserais pas le Canadien pour une fois ? » 

C’est toujours plus agréable quand le Tricolore gagne.

Avec toutes les déceptions que cette équipe nous a fait vivre dans les quatre dernières décennies, les moindres bons moments sont appréciés.

Je me jette donc à l’eau. Je prédis une autre victoire du Canadien en sept matchs, mais je vous préviens : ne venez pas me voir si vous avez perdu un pari en vous fiant à ma prédiction.

Le vœu de Fern a la vie dure

Les amateurs de hockey qui ont vu le film Il était une fois les Boys se souviennent du souhait de Fern après la conquête de la coupe Stanley par les Leafs, en 1967.

« J’souhaite qu’ils ne gagnent plus jamais la coupe Stanley, les Leafs de Toronto. Qu’ils mangent de la marde, Toronto ! »

Richard Goudreau, créateur des films et des téléséries des Boys avec qui j’avais discuté de cette scène pour une chronique en février dernier, m’a appelé après la deuxième période du match de lundi soir.

« Ce n’est pas dans le sac, mais il ne reste qu’une période », m’a-t-il dit.

Le vœu de Fern tient toujours, 54 ans plus tard.

Rutherford, la solution ?

Si on en rit de l’élimination des Leafs au Québec, pas besoin de vous dire que leurs partisans ne la trouvent pas drôle du tout.

Les Torontois peuvent être aussi incisifs à l’endroit des Leafs que les Montréalais envers le Canadien. Les amateurs sont déchaînés depuis l’élimination des leurs contre le Canadien. Ils réclament des têtes.

Auston Matthews et Mitch Marner sont les plus ciblés, évidemment, mais le président Brendan Shanahan et le directeur général Kyle Dubas ne sont pas épargnés. 

Les médias ont une approche plus calme, mais ils n’en pensent pas moins que des changements majeurs s’imposent.

Certains souhaitent l’embauche de Jim Rutherford au poste de directeur général. Rutherford est comme Lou Lamoriello. Il a 72 ans, mais il a encore la passion de bâtir des équipes.

Il a été l’architecte de la conquête de la coupe Stanley des Hurricanes de la Caroline, en 2006. Il a remis les Penguins de Pittsburgh sur la carte une dizaine d’années plus tard, les menant à la coupe en 2016 et 2017. Il possède ce qu’il faut pour faire des Leafs une équipe plus compétitive.

La haute direction des Penguins et lui ne partageaient pas la même vision quant au chemin à suivre concernant l’avenir de l’équipe. Rutherford estimait que le moment était venu d’apporter des changements au noyau de la formation. 

L’élimination des Penguins en première ronde semble lui avoir donné raison.