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Conflit de travail: la course aux poulets pour les restaurateurs

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Photo AFP

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Le conflit de travail à l’usine d’Exceldor de Saint-Anselme donne des sueurs froides aux restaurateurs du Québec, parmi lesquels plusieurs ressentent déjà les contrecoups, étant incapables de combler tous leurs besoins en poulets.

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C’est notamment le cas pour les enseignes Benny&Co. et St-Hubert, qui ont été contraintes de commander davantage auprès d’autres fournisseurs, comme Olymel, pour sécuriser leur approvisionnement. 

Même en cognant à différentes portes, ces chaînes ne parviennent toutefois pas à remplir l’ensemble de leurs réfrigérateurs. La situation pourrait devenir très problématique dès la semaine prochaine. 

D’ici dimanche, c’est un demi-million de poulets qui auront été euthanasiés depuis le début de ce conflit de travail, selon la direction d’Exceldor. 

«On travaille au jour le jour. Il y a des discussions chaque jour. Pour le moment, nous sommes corrects, mais si cela dure trop longtemps, c’est très inquiétant», avance au Journal Pierre Martin, copropriétaire du Groupe Martin, qui détient plusieurs restaurants St-Hubert dans la grande région de Québec. 

«Oui, c’est stressant. [...] La chaîne met beaucoup d’énergie dans ce dossier. Habituellement, tous les restaurants commandent directement. Là, St-Hubert a fait un groupe et les quantités sont redistribuées au prorata des restaurants pour que tous les établissements reçoivent des poulets», explique l’homme d’affaires, concédant qu’il reçoit déjà moins de volailles qu’en temps normal. 

Cette semaine, le Groupe Martin a rouvert son restaurant St-Hubert à Sainte-Anne-de-Beaupré avec, sous le même toit, la bannière Harvey’s. 

À l’extérieur du Québec?

Chez Benny&Co, la direction ne cache pas avoir eu des pourparlers avec des fournisseurs à l’extérieur du Québec, mais toujours au Canada, pour s’assurer d’avoir la nourriture nécessaire pour approvisionner ses restaurants. L’entreprise n’a toutefois pas encore eu besoin d’avoir recours à cette option. 

Environ 50% des poulets achetés par la chaîne québécoise provenaient de l’usine d’Exceldor de Saint-Anselme. 

«J’ai une équipe qui fait des pieds et des mains pour dénicher ce qui est disponible sur le marché», affirme Nicolas Filiatrault, vice-président aux finances et à l’administration. L’entreprise doit notamment faire affaire avec de nouveaux fournisseurs pour répondre à ses besoins. 

«Le marché était déjà extrêmement serré. [...] C’est un peu difficile de trouver lorsque tout le monde cherche le même produit», poursuit-il. 

Ce dernier affirme que Benny&Co. doit, actuellement, maintenir ses activités avec plus de 10% de son approvisionnement amputé. La compagnie paye également plus cher pour ses poulets auprès des autres fournisseurs. 

Chez Olymel, on voit la demande pour le poulet s’envoler, alors que commence la saison des barbecues aux quatre coins de la province.  

«On n’a jamais de poulets invendus. La demande a augmenté. C’est sûr, faute de disponibilité chez Exceldor, mais on n’a pas de produits de plus à offrir parce que l’on a déjà nos circuits de ventes», observe Richard Davies, vice-président principal aux ventes et marketing.  

Ces derniers jours, Le Journal a visité plusieurs supermarchés pour savoir s’il y manquait de poulets. Or, pour l’instant, des épiceries disent qu’elles ne reçoivent plus leurs commandes d’Exceldor, mais qu’elles arrivent encore à s’approvisionner ailleurs.  

«On prend environ 15% du volume d’Exceldor à Saint-Anselme. C’est un bon procédé entre compétiteurs, mais on ne peut pas en prendre plus», poursuit Richard Davies, vice-président principal aux ventes et marketing.